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Abonnez-vous aux lettres d'info!(La Lettre vous sera adressée par "redaction@touteduc.fr". Vérifiez que votre système mail ne la classera pas parmi les "indésirables") Mer 28 juillet 2010
La Lettre de ToutEduc n° 38, 28 juillet 2010Luc Chatel a fait savoir au "CRAP-Cahiers pédagogiques" que, malgré une importante réduction de la subvention qui permet à ce mouvement de vivre et de publier, il ne veut pas "tarir la source de la réflexion pédagogique", et que son ministère a besoin des praticiens (cliquez ici pour accéder à la dépêche de ToutEduc). Seuls les impératifs budgétaires lui imposent de revoir le montant de l'aide accordée, fait-il valoir. Il semble répondre ainsi à notre dernière lettre (ici) où nous nous inquiétions de voir une administration de moins en moins soucieuse de s'appuyer sur les acteurs de terrain. Reste à voir si la subvention sera rétablie, et si "la rue de Grenelle" fera passer la consigne aux recteurs et aux inspecteurs d'académie: "écoutez ce qu'ont à vous dire et à vous proposer les enseignants." La Défenseure des enfants, si elle était intégrée à une administration plus vaste, aurait-elle mis en cause comme elle vient de le faire, les centres éducatifs fermés? L'étude peut, au risque de la caricaturer, se résumer en quelques mots: pour trouver les moyens nécessaires à ces structures, on en a fermé d'autres, qui accueillaient des primo-délinquants. Du coup, contrairement à ce que prévoient les textes, des jeunes qui ne sont pas des multi-récidivistes sont envoyés dans des CEF. Et s'ils fuguent, ils sont envoyés dans les EPM (établissements pénitentiaires pour mineurs), bien que la fugue ne soit pas un délit. Dominique Versini démonte ainsi le processus de leur criminalisation (ici). C'est courageux de sa part, mais personne n'en parle, pas même ceux qui ont pris sa défense lorsqu'il est apparu que sa fonction était menacée (ici). Une autre information est, étrangement, passée inaperçue. Au Journal officiel du 17 juillet (ici) était publié un arrêté d'apparence technique, concernant deux sections d'agrégation, philosophie et arts. L'exposé sur la compétence "Agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable" a disparu au profit d'un entretien avec le jury qui "inclut une question touchant la connaissance réfléchie du contexte institutionnel et des conditions effectives d'un enseignement exercé en responsabilité". Or c'est à cause de cette épreuve, assimilée par ses opposants à un "contrôle de moralité", que le jury menaçait de démissionner. Luc Cédelle raconte cela en détail sur son blog (ici). Le ministère aurait-il cédé à la fronde des philosophes? Non, répond Josette Théophile, directrice générale des ressources humaines au ministère de l'Education nationale, interrogée par ToutEduc (ici). L'épreuve a seulement changé de place, attachée à une "leçon" au lieu de l'être à l'explication d'un texte étranger. Mais n'a-t-elle pas aussi changé d'intitulé? Oui ... peut-être, mais ce qui compte, c'est qu'elle fasse référence à un texte de 2006, qui parlait déjà d' "Agir en fonctionnaire...". Donc, l'épreuve ne change pas de sens. De toute façon, les jurys sont souverains, choisissent comme ils l'entendent les questions qu'ils posent aux candidats, et il y a "plusieurs façons d'envisager cette épreuve". Autrement dit, chaque discipline mettra ce qu'elle voudra sous cet intitulé. Ces trois semaines de juillet sont encore marquées par le remarquable exposé fait par Françoise Lorcerie sur les conditions de succès des collèges situés dans des zones difficiles. On y retrouve ce qu'on savait déjà, l'importance de la personnalité du chef d'établissement et de la stabilité de l'équipe de direction, mais aussi des qualités humaines, de la "générosité sociale" des enseignants. On y apprend combien ces fragiles équilibres sont facilement perturbés, par la concurrence d'un autre collège par exemple, et combien l'Education nationale est sourde aux critiques ou aux suggestions des collectivités et de ses partenaires, comme de ses propres personnels (ici). Dernière information d'importance: la loi de modernisation de l'agriculture crée pour les cantines (pardon, les restaurants scolaires) de nouvelles obligations. La loi est publiée (ici) et les décrets d'application devraient prévoir que sur 20 jours de menus, il n'y aura pas plus de 4 fois des aliments frits ou préfrits (ici). Fini, le temps des frites? Voici les autres informations développées depuis le 7 juillet. PETITE ENFANCE. Les opposants aux mesures prises par le Gouvernement pour l'accueil des tout petits, ne désarment pas et publient "un livre noir" qui est, au-delà de ses aspects militants, un remarquable état des lieux (ici) . C'est aussi un vibrant plaidoyer pour le respect d'une enfance imparfaite. C'est qu'il faut se méfier. Selon une recherche allemande, des petits garçons de 3 ans auraient déjà l'esprit de compétition... (ici). Faut-il pour autant supprimer l'école maternelle, dont ne resterait que la grande section, rattachée à l'école élémentaire? Les enseignants craignent que ce soit, à terme, l'objectif du gouvernement (ici). JEUNES A BESOINS SPECIFIQUES. Pour les jeunes handicapés dans le second degré, les "ULIS" remplacent les "UPI". Ce serait, à en croire la circulaire, plus qu'un changement de sigle. L'objectif "est d'assurer un maillage territorial" et de garantir la cohérence "avec l'offre médico-sociale et l'offre de soins pilotées au sein des agences régionales de santé" (ici). L'aveyron accueille la première, et apparemment la seule colonie de vacances spécialisée dans l'accueil des enfants précoces (ici). TERRITOIRES. L'université d'été de PRISME a été l'occasion, rare, de préciser les enjeux des relations complexes entre les territoires, le scolaire et l'éducatif , et d'en situer chaque moment dans un contexte historique (ici). Ces relations sont tellement complexes d'ailleurs, qu'elles sont parfois inexistantes, relève l'Anacej (l'association qui réunissait au départ les villes ayant mis en place des conseils municipaux de jeunes). Elle milite pour que les politiques jeunesse ne soient pas les oubliées de de la réforme des collectivités (ici). Marie Choquet demande d'ailleurs que l'on cesse de dramatiser la situation, et que l'on prenne en compte tous les jeunes, y compris ceux des classes moyennes (ici). Encore faut-il que les collectivités aient les compétences correspondantes. La JPA (Jeunesse au plein air) s'inquiète des vacances des enfants si elles perdent la clause de compétence générale (ici). Encore faut-il qu'elles aient quelques moyens, et les missions locales réagissent aux réductions budgétaires annoncées (ici). PEDAGOGIE. La reconnaissance du mérite peut-elle fonder l'institution scolaire? Trois points de vue ne suffiront pas à répondre à cette question, mais ils l'éclairent et montrent bien que la réponse est tout sauf évidente (ici, ici, et ici). Mais elle n'est pas la seule qui intéresse les chercheurs en éducation. L'INRP a eu la bonne idée de comparer les contenus, sur plusieurs années, de trois revues de très bon niveau (ici) et de voir comment sont envisagées la formation des enseignants, l'aide à la parentalité, la problématique du genre, comment sont enseignées les mathématiques et comment sont prises en compte les évaluations internationales du type PISA. Autre question: que deviennent les bons élèves de l'école élémentaire? Au CE1, ils sont 77% à réussir les tests en maths, ils ne sont plus que 67% au CM2. Ou bien les enseignements sont mauvais, ou bien ce sont les tests (ici). L'INRP (l'Institut national de la recherche pédagogique) devrait bientôt rejoindre l'Ecole normale supérieure de Lyon, et beaucoup de ses chercheurs s'en inquiètent. Le département d'Histoire de l'éducation serait déjà menacé de disparition (ici). La recherche en éducation est pourtant essentielle, et une étude belge nous prouve que nous avons encore beaucoup à apprendre sur l'apprentissage de la lecture (ici). Une rapport officiel britannique nous dit également "comment faire monter le niveau des élèves en maths, dès les petites classes", mais il n'y a pas de miracle: il faut d'abord des enseignants bien formés (ici). En France, la panacée serait-elle l'internat? Après les collèges de "réinsertion scolaire", voici que la Seine-Saint-Denis invente "l'école primaire internat" pour les élèves "moyens" qui n'ont pas chez eux les conditions matérielles voulues pour préparer l'entrée en 6ème (ici). Il existe d'ailleurs déjà une structure pour les petits qui ont des difficultés de comportements. Quant aux décrocheurs, dont on s'était demandé si on ne pouvait pas les retenir au lycée avec un projet financé sur une "cagnotte", le ministre de la Jeunesse promeut pour eux un autre dispositif, Espadon (ici) destiné à "identifier les élèves qui ne sont plus suivis et les mettre en relation avec des structures d’insertion". A noter que c'est Marc-Philippe Daubresse qui l'annonce, et non pas le ministre en charge de l'Education nationale. Celle-ci accepterait-elle que d'autres administrations interviennent sur son territoire? On peut aussi se demander où en sont les dispositifs relais, qui doivent prévenir le décrochage. Une journée sera organisée à la rentrée à ce sujet (ici). Un peu plus tard, le CRAP-Cahiers pédagogiques se demandera comment aider les élèves, dans et hors de l'école (ici). Il y a peut-être d'autres solutions que l'internat. Autre information qui intéressera les pédagogues: les modalités d'utilisation du livret personnel de compétences ont été publiées au BO (ici). Enfin les lycées agricoles voient leur activité recentrée sur les métiers "de l'agriculture, de la forêt, de la nature et des territoire", mais ils devront travailler aussi sur le "développement durable". (ici) PERISCOLAIRE. L'été est la période des centres aérés. Au Havre, on en profite pour apprendre l'anglais avec une société privée "GoFluent", dont la méthode est déjà expérimentée dans une école publique de Rosny (ici). Mais tout cela a un coût. A Saint-Barthélemy-d'Anjou (dans la banlieue d'Angers), on fera payer 4 euros à chaque enfant participant à toutes les activités sur l'année scolaire (ici). ENGAGEMENT DES JEUNES. A Marseille, 50 jeunes volontaires de 18 à 25 ans, engagés par Unis-Cité, facilitent depuis début juillet les vacances de personnes handicapées (ici). A Agen, ils sont une centaine à participer à des "chantiers citoyens" (ici). Mais pourquoi les jeunes s'engagent-ils ainsi? Une étude porte sur leurs motivations, dans 15 pays européens (ici). ZEP, RAR, CLAIR. Alors qu'une circulaire précise comment sera mis en place le programme expérimental CLAIR, destiné à remplacer peut-être la politique des zones d'éducation prioritaire (ici), il faut se demander comment évaluer le travail réalisé depuis des années dans les "quartiers" (ici), et savoir sur quoi s'appuient les équipes dans ces établissements (ici et voir ci-dessus l'exposé de Françoise Lorcerie). JUSTICE. Quant aux établissements de réinsertion scolaire, destinés aux adolescents perturbateurs, mais qui n'ont pas été condamnés par la Justice, la circulaire en prévoit une dizaine, et non pas une vingtaine comme l'avait annoncé Nicolas Sarkozy (ici). Pour sa part, la Garde des sceaux réaffirme que "la justice des mineurs s’inscrit dans la protection de l’enfance" (ici). Du côté de l'Ecole nationale de la protection judiciaire de la Jeunessse, on se déclare très satisfait du système de classe préparatoire intégrée (ici) et on prépare un colloque sur le rôle des revues de l'éducation spécialisée (ici). PROFESSIONNELS. Les professionnels, notamment les personnels sociaux en charge de l'enfance en difficulté, font mine de se rassurer: la charte sur le "secret partagé" réaffirmerait l'importance du secret professionnel (ici). Pour les personnels enseignants et d'éducation, le processus de leur titularisation a été publié (ici). ECRANS. "Le monde virtuel est si fascinant" qu’il favorise l'addiction, pour quelques députés qui ont déposé une proposition de loi qui vise à prévenir la cyberaddiction chez les adolescents (ici). Mais sait-on bien comment fonctionnent les "digital natives"? Ils sont en train de développer de nouvelles formes de sociabilité, et un nouveau rapport à la vérité (ici). L'Education populaire va-t-elle se donner les moyens de penser ces mutations (ici)? N'oublions pas non plus qu'il y a d'autres écrans, comme les écrans publicitaires qui cherchent à capter l'attention des enfants (ici). PROTECTION DES ENFANTS. Cela dit, certains ont bien davantage que d'autres besoin de protection, et ceux qui vivent dans la précarité voient leurs droits élémentaires mis en cause (ici). Quant à ceux qui ont trouvé la protection d'une famille d'accueil, ou d'une institution, ils demandent à recevoir ce que reçoivent en héritage les autres enfants, à savoir des valeurs, y compris des valeurs religieuses (ici). POUR SOURIRE. De nombreux chefs d'établissement figurent dans la dernière promotion de la Légion d'honneur. Si vous êtes enseignants, regardez (ici) et si vous trouvez le nom du vôtre, n'oubliez pas de le féliciter le jour de la rentrée! Il n'aura peut-être pas encore reçu son petit ruban... Vous pouvez-aussi contribuer au dernier forum que nous avons ouvert, après les résultats du bac: la notation dans les disciplines littéraires est-elle plus aléatoire que dans les disciplines scienttifiques (ici)? Vos réponsesPas de contribution pour le moment.
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