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Financement du privé: une proposition de loi qui étend la concurrence public-privé

La proposition de loi, adoptée par le Sénat le 10 décembre et "tendant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence" viendra en discussion à l'Assemblée nationale le 28 septembre. Elle abroge pour mieux le renforcer l'article 89 de la loi du 13 août 2004 "relative aux libertés et responsabilités locales", dont l'application "n'a cessé de faire débat". Cet article, introduit par le sénateur socialiste ultra-laïque Michel Charasse prévoyait que la  commune finance la scolarité des enfants que leurs parents inscrivent dans un établissement privé d'une autre commune. Autrement dit, la concurrence public-privé qui se jouait jusqu'à présent entre les établissement d'une même ville, est maintenant "sans limites" territoriales. Mais sa formulation floue a généré, estime dans l'exposé des motifs, le sénateur Carle une "insécurité juridique [qui] demeure en l'absence de toute décision du Conseil d'État". Pour lui, "cette situation n'est satisfaisante ni pour les communes, qui ne parviennent pas à mesurer l'étendue précise de leurs nouvelles obligations, ni pour les écoles primaires privées sous contrat d'association, qui ne bénéficient dans les faits que d'une part très faible des nouveaux financements qui leur étaient destinés".

Cette proposition de loi était en concurrence avec une autre, déposée par un sénateur de l'Union centriste, qui partant du même constat, prévoyait que "ces contributions sont facultatives lorsque la commune dispose d'une capacité d'accueil permettant la scolarisation des enfants concernés". 

Le site du Sénat propose sur le sujet un dossier assez complet.

Vos réponses
2.
Pascal Bouchard
Vendredi 02 octobre 2009, 19h00
Bernard Toulemonde ajoute que le nombre des élèves potentiellement concerné est minime, et il dénonce "l'intox" sur le sujet. L'enseignement primaire privé compte 900 000 élèves dont 300 000 en maternelles, non concernées par la loi.Reste: 600 000, dont un tiers ne sont pas sous contrat d'association. Reste 400.000 élèves dont un tiers sont scolarisés hors de leur commune d'origine: donc 130 000. Compte tenu des conditions fixées par la loi, l'obligation de payer ne va porter que sur un tout petit nombre d'élèves....
1.
Pascal Bouchard
Mardi 22 septembre 2009, 18h25
Bernard Toulemonde, bon connaisseur du dossier et grand juriste, nous fait remarquer que le financement des écoles privées d'une autre commune restera largement facultatif, puisqu'il sera bien difficile de prouver qu'il n'y avait pas moyen de caser un élève supplémentaire dans l'école publique de le commune d'origine. En effet, aucun texte ne fixe un "plafond" aux effectifs d'une classe, et la commune d'origine pourra toujours arguer qu'elle aurait pu accueillir les enfants concernés.
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