Santé mentale des jeunes : J-P Bellier poursuit son combat pour une meilleure utilisation des PsyEN (Le Monde)
Paru dans Scolaire le mercredi 02 septembre 2026.
"L'Ecole est le seul lieu où l'on pourrait voir (la souffrance psychique des jeunes) avant le fait divers" alors que les signes anxio-dépressifs touchent 11,5 % des adolescents de milieu ouvrier et 7,8 % des enfants de cadres, les tentatives de suicide ayant conduit à une hospitalisation 4,5 % des uns et 2,7 % des autres, note Jean-Pierre Bellier dans une tribune publiée par "Le Monde" daté de ce 2 septembre. L'inspecteur général honoraire, lui-même ancien psychologue scolaire, ajoute : "Un enfant qui va mal ne lève pas la main. Il ne dit pas 'je vais mal'. Il rend un devoir en retard, somnole en cours ou se renferme sur lui-même." Ce sont autant de signaux faibles qui sont interprétés comme témoignant d'un état de fatigue, d'une démotivation, d'un effet d'une crise d'adolescence, "seul un professionnel spécialisé en psychologie de l'enfant et de l'adolescent peut en percevoir le sens caché".
L'auteur continue ainsi son combat pour une meilleure reconnaissance du rôle que pourraient jouer les "PsyEN EDO" (psychologues de l'Education nationale "orientation") trop souvent cantonnés à l'orientation des élèves alors qu'ils pourraient intervenir utilement. Mais depuis une dizaine d'années, l'institution a préféré "user de placebos : 14 heures de formation aux premiers secours en santé mentale réservées à une minorité de personnels" et "12 séances avec des psychologues de ville partiellement remboursées". On compte en France un PsyEn pour 1 600 élèves "quand les systèmes comparables se situent autour de 1 pour 800, et que, "dans beaucoup d'établissements, il n'y a dans les murs ni psychologue, ni assistante sociale, ni infirmière".
Créer quelque 8 600 postes de psychologues aurait certes un coût, 535 M€ par an au terme du plan de recrutement, soit moins de 1 % du budget de la mission enseignement scolaire, et un bénéfice économique certain si chacun d'entre eux permettait d'éviter "ne serait-ce qu'un décrochage" tous les cinq ans...
ToutEduc, qui a déja publié deux tribunes de J-P Bellier (ici et ici) relaie très volontiers son combat.

