Lancement d’une convention citoyenne sur les "temps de l’enfant"
Paru dans Scolaire le lundi 05 mai 2025.
Une convention citoyenne sur "les temps de l’enfant" sera lancée en juin et durera jusqu’à l’automne voire fin 2025 a annoncé Emmanuel Macron. "Il me paraît nécessaire que l’on travaille à faire en sorte que l’organisation des journées de nos élèves soit plus favorable à leur développement et aux apprentissages, qu’un équilibre soit trouvé aussi pour faciliter la vie des familles", a déclaré le président au Parisien ce 3 mai.
Le terme de "temps scolaires" a été évité, sujet qui avait suscité de vifs débats sous le quinquennat de François Hollande avec la semaine de quatre et jours et demi mise en place par Vincent Peillon. Il est cette fois question de trancher des horaires scolaires ou du nombre de semaines de vacances que le chef d’Etat a indiqué à plusieurs reprises trouver trop longues. "Il y a beaucoup de pays qui ne partent en vacances qu'à partir du 14 juillet, avait dit le président en février dernier. On a des vacances qui sont très, très longues l'été. Les enfants qui ne sont pas très accompagnés par leurs familles vont perdre souvent du niveau scolaire." (voir à ce sujet TE ici). Pourtant, si la France se site au 7e rang des pays européens toute vacances confondues, elle se trouve au 27e rang pour les vacances d’été.
Un "hors-sujet" sur les questions d'éducation
"La convention citoyenne m’a semblé être l’outil de consultation des Français le plus adapté, car c’est une question très complexe qui nécessitera de dégager de nombreux consensus entre tous ceux qui sont touchés par ce vaste sujet, comme les parents, la communauté éducative y compris périscolaire, les collectivités locales et même les professionnels du tourisme", a précisé le chef de l’Etat, toujours au Parisien. L’organisation de la convention citoyenne est confiée, comme pour la fin de vie, au Conseil économique, social et environnemental (Cese) qui animera les échanges entre les citoyens tirés au sort après avoir écouté des experts auditionnés.
Les syndicats n’ont pas manqué de réagir, pointant un timing mal choisi et une stratégie de détournement afin de ne pas aborder des sujets plus urgents. "Le président Macron passe une fois de plus à côté des enjeux de l’école", pointe le SNUIPP-FSU. Pour le syndicat, "focaliser le débat sur les temps scolaires et les vacances" revient à "détourner volontairement le regard du contexte actuel d’une école au bord de la rupture". Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a déclaré à l’AFP : "C’est un hors-sujet de la part du président de la République sur les questions d’éducation. Il fait diversion pour ne pas s’occuper des urgences et masquer l’état de l’école qui s’effondre : on manque de professeurs, on a les classes les plus chargées d’Europe…"
Un "débat de société" attendu par la FCPE
Pour le SNALC, cette annonce est une "énième instrumentalisation de l’École à des fins politiques" qui "remet une pièce dans une machine dont l’unique produit fini est le ‘prof-bashing’". Le syndicat demande "la suspension immédiate de cette pure entreprise de com’, et la mise en œuvre des investissements budgétaires dont notre École a besoin".
"On considère aujourd’hui que le système éducatif est arrivé à un point de rupture, et qu’il nous faut absolument repenser l’école dans ses attentes, dans ses objectifs, et ça doit être un débat de société", dit au contraire Grégoire Ensel à Libération, vice-président des parents d’élèves de la FCPE. "On doit repenser la question des rythmes scolaires […] Mais nous demandons à ce qu’il y ait une approche beaucoup plus globale de l’enfant. Il y a plein d’autres sujets à aborder : la question de la mixité sociale et scolaire, celle du handicap, celle des effectifs dans les classes", met en avant Grégoire Ensel.
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