Ce que l'on sait du projet de réforme des concours et de la formation initiale des enseignants
Paru dans Scolaire le lundi 19 mai 2025.
ToutEduc a pu se procurer le document de travail présenté aux syndicats le 15 mai pour exposer le projet ministériel de réforme du recrutement et de la formation initiale des personnels enseignants et des CPE. Il prévoit notamment que le nouveau master, porté par les INSPE, ouvre en septembre 2026 avec pour objectif de préparer en deux ans aux métiers de l’enseignement et de l’éducation les titulaires d’une licence sans expérience professionnelle préalable.
Les maquettes prévoient pour ces deux années de Master (rebaptisé M2E), hors période d'observation et stage, 780h, soit 120 ECTS (530h en M1, 250 en M2, dont 100h pour "agir dans le cadre de la communauté éducative et du service public de l’éducation nationale" et 80h pour "s’engager dans une démarche de développement professionnel". A noter que 5 % du temps de formation pourront être consacrés à l' 'adaptation à chaque territoire.
A noter également que les lauréats du concours 1er degré qui ne seront pas titulaires d'une licence "professorat des écoles" verront leur volume de formation allégé de 80h en M1. Les "non LPE" auront 480h de formation correspondant aux diverses disciplines qu'ils seront amenés à enseigner, dont 120h en français et 120h en mathématiques. Les lauréats du concours 2nd degré auront 480h d'enseignement sous l'intitulé "Concevoir, mettre en œuvre et évaluer des situations d’enseignement-apprentissage".
Les lauréats détenteurs d’un M1 pourront refaire un M1 ou être nommé directement en M2. Les lauréats d'un M2 pourront être nommés stagiaies "avec une mise en responsabilité à hauteur de 50% ou de 100% selon le parcours universitaire et professionnel antérieur".
Les établissements auront la possibilité d'accueillir des non-lauréats qui souhaitent "poursuivre dans un master les préparant aux métiers d’enseignant ou de CPE" ou à des étudiants, éventuellement hors UE, qui ne souhaitent pas (ou ne peuvent pas) se présenter aux concours (les étudiants internationaux hors UE notamment). Ces étudiants "sont concernés par la procédure nationale Mon Master" (un "parcoursup" niveau master, ndlr).
Pour le 1er degré, le recteur de l'académie où le lauréat a passé le concours déterminera le département d’affectation de l'élève fonctionnaire. Pour le second degré, les lauréats seront affectés selon le nombre de places ouvertes dans chaque académie, leurs voeux et leur classement au concours.
A noter encore que l'obligation de servir pendant 4 ans ne vaut que pour les fonctionnaires stagiaires qui auront été titularisés. Les organisations syndicales s'inquiètent de l'absence d'indications sur les modalités d'évaluation des stages en M1 et en M2. La CFDT demande que le volume de formation soit supérieur à 800 heures, notamment pour que davantage de temps soit consacré au mémoire de master. Les organisations syndicales trouvent que "le volume de stage l’année de fonctionnaire stagiaire à 50% de service est beaucoup trop important", la CFDT considère qu'il ne devrait pas dépasser le tiers du temps de service. Elle plaide aussi pour que les étudiants qui auront échoué au concours puissent s’inscrire en master M2E et bénéficier "d’une année adaptée leur permettant de re-préparer le concours tout en suivant des enseignements communs avec les étudiants de M1 lauréats du concours". La FSU pose la question de l'articulation avec la préparation de l'agrégation. Toutes demandent un moratoire.

