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Les enseignant.es favorables à la mixité sociale mettent en place plus de stratégies contre le décrochage (Ecolhuma)

Paru dans Scolaire, Orientation le mardi 22 avril 2025.

Pour une majorité des enseignant.es (68,5%), la mixité scolaire a un impact positif sur le bien-être personnel et social des élèves mais aussi (pour 50% des professeur.res) sur la réussite académique, que les élèves soient en difficultés ou pas. C’est ce que nous apprend le dernier baromètre de l’Observatoire Ecolhuma "Prévenir le décrochage scolaire : comparaison 2023-2025 des perceptions et pratiques pédagogiques des enseignants" auquel 1 649 enseignant.es ont participé sur la base du volontariat.

Ces enseignant.es, qui perçoivent la mixité scolaire comme un atout, sont aussi celles et ceux qui mettent davantage en œuvre des "stratégies pédagogiques reconnues dans la prévention du décrochage scolaire". Le chercheur en sciences de l’éducation Fernando Nunez-Regueiro note que "les enseignants convaincus des bénéfices de la mixité scolaire adoptent des attitudes plus favorables aux initiatives institutionnelles, ce qui encourage la mise en œuvre de pratiques efficaces contre le décrochage. Par ailleurs, une exposition limitée à la mixité tend à affaiblir ces croyances, réduisant ainsi l’adhésion et l’application des dispositifs dédiés".

Développement des pratiques pour lutter contre le décrochage 

Plus globalement, depuis 2023, les pratiques pédagogiques des professeur.es pour lutter contre le décrochage scolaire se sont intensifiées. Ces pratiques qui ont fait preuve d’efficacité sont celles centrées sur l’enseignement explicite, sur la motivation des élèves (par la participation active de tous les élèves par exemple) ou la prise en compte de la diversité (en faisant des retours individualisés aux élèves).

Pour autant, le développement de ces pratiques n’a pas fait baisser le niveau moyen de décrochage scolaire qui reste élevé. En 2025, 21% des élèves présenteraient un risque élevé de décrochage scolaire, soit un élève sur cinq, un chiffre stable depuis 2023. C’est en maternelle qu’il est le plus bas (10,4%) et au lycée professionnel qu’il est le plus haut (33%). Ce sont par ailleurs les deux catégories pour lequel le décrochage a baissé en deux ans ; il était de 36,2% au lycée professionnel alors qu’il a légèrement augmenté en élémentaire, au collège et au lycée.

Les élèves de milieux défavorisés plus concernés

"Le décrochage est multi-factoriel, témoigne une enseignante en lycée depuis 10 ans. En lycée professionnel, beaucoup d'élèves subissent leur orientation, n'ont pas le niveau attendu et refusent les solutions proposées par les établissements. En lycée général, on constate une augmentation de la phobie scolaire, une perte de repères et de sens à la scolarité."

Le signe de désengagement scolaire le plus remarqué par les enseignant.es est le manque de persévérance face aux difficultés, qui concerne selon eux 28% des élèves. Si les barrières psychologiques sont à surmonter (notamment la croyance selon laquelle nos capacités sont immuables), ce sont les barrières systémiques qui doivent être levées, qui sont celles qui pèsent le plus sur les élèves de milieux défavorisés, pointe Céline Darnon, professeure en psychologie.

Le baromètre souligne aussi le renforcement du lien école-famille, considéré par les 71% des enseignant.es comme un levier pour l’engagement scolaire. Les deux autres facteurs principaux prédictifs du décrochage sont le niveau scolaire et l’IPS (indice de position sociale). L’enquête souligne ainsi "le rôle majeur du contexte socio-économique dans l’engagement scolaire des élèves et (…) l’importance de politiques éducatives ciblées pour réduire les inégalités".

Le baromètre ici.

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