Scolaire

Le "mouvement contre la constante macabre" à l'heure de l'IA (colloque)

Paru dans Scolaire le mercredi 12 mars 2025.

Le "mouvement contre la constante macabre" (MCLCM) est amené "à revisiter sa réflexion et son action du fait de l’ampleur des évolutions du paysage éducatif", ce sera l'objet de son colloque annuel, le 21 mars (voir ici). Gérard Lauton est président du MCLCM après la disparition de son fondateur, André Antibi.

ToutEduc - La table ronde aura pour thème l'évaluation à l'heure du numérique et de l'IA, cette intelligence artificielle que certains voient comme la source de tous les maux à venir puisqu'elle fausserait toute possibilité d'évaluation du travail des élèves …

Gérard Lauton - C'est un écueil qu'il faut dépasser. Le numérique et l'IA permettent de motiver les élèves et de les mettre au travail à la condition d'en cadrer les usages. Hors situation d'évaluation, on peut, par exemple en mathématiques ou en physique donner un exercice à faire sur une plate-forme, donner la solution aux élèves s'ils échouent et changer les données pour un nouvel essai. Et cela se transpose aisément en situation d’évaluation.

ToutEduc - On retrouve là la logique de l'évaluation par contrat de confiance, l'élève est confronté à une tâche sans qu'aucun piège lui soit tendu.

Gérard Lauton - Effectivement, nous restons fidèles au principe, une évaluation "plus juste" des acquis avec le protocole d’un "contrat de confiance" fondé sur une formulation bien plus précise des capacités attendues chez l’élève, et sur un climat de confiance entre l’élève et l’enseignant.

ToutEduc - Comment caractérisez-vous les évolutions du contexte dans lequel se situe votre action ?

Gérard Lauton - Les profils et les attentes des élèves connaissent d’importantes mutations, la part d’appropriation des savoirs par les ressources en ligne a explosé, la relation pédagogique a pris des formes diversifiées, qu'on pense à la classe inversée ou aux pédagogies collaboratives. Le rapport qu'ont les familles à l'école est influencé par les réseaux sociaux.

ToutEduc - Pouvez-vous nous rappeler ce que sont "la constante macabre" et "l'évaluation par contrat de confiance".

Gérard Lauton - L'habitude veut qu'il y ait, dans une classe, quelques très bons élèves, beaucoup de moyens et quelques très mauvais, quel que soit, en réalité, le niveau de la classe. Quand le niveau de la classe est bon, on complexifie les évaluations, on ajoute des questions piège dans le devoir sur table. Même s'il est un bon élève, travailleur, le dernier de la classe est montré du doigt, c'est ce qu'on appelle "la constante macabre". Pour lutter contre ce phénomène, nous proposons un "contrat de confiance", des évaluations sans piège avec une révision accompagnée. Et si dans ces conditions tout le monde a 20/20, ce n'est pas le fait d'une forme de laxisme, mais le résultat d’un travail accru des élèves et l’on s'en réjouit.

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