Parcoursup : le réquisitoire de Pouria Amirshahi, député, ancien président de l'UNEF-ID
Paru dans Scolaire, Orientation le dimanche 25 octobre 2026.
Ancien président de l'UNEF-ID, député (écologiste et social), Pouria Amirshahi porte une proposition de loi pour l' "abrogation de Parcoursup" et l'exposé des motifs est un vrai réquisitoire.
Cette année, écrit-il, "à la clôture de la phase principale, 126 652 candidats restaient sans aucune proposition d’admission sur Parcoursup. Ils étaient 85 000 en 2024 et 103 000 en 2025 (...). À ces chiffres vient s’ajouter la réalité de dizaines de milliers de bacheliers affectés à une filière universitaire qu’ils n’ont pas choisie. Cette violence institutionnelle et systémique contrevient aux principes de la libre orientation des bacheliers surtout elle tourne le dos à l’ambition républicaine et prométhéenne d’un avenir meilleur pour les générations futures (...).
"Parcoursup n’a aucunement rééquilibré la composition sociale de l’enseignement supérieur (...). La part des néo‑bacheliers de milieu défavorisé inscrits en première année de licence est passée de 25,1 % en 2017 à 23,1 % en 2019 (...).
"Parcoursup s’est transformé en une machine à angoisse (...). Le calendrier a été construit davantage en réponse aux contraintes des adultes qu’au regard des intérêts des élèves et des familles, avec des résultats qui tombent en plein baccalauréat. Pendant des semaines, des centaines de milliers de familles attendent sans pouvoir chercher un logement ni préparer la rentrée.
"Parcoursup a remplacé le tirage au sort (prévu par le dispositif APB, ndlr) par un système tout aussi injuste de tri social opéré dans l’opacité la plus totale (...).
"L’article 1er de cette proposition de loi (...) rétablit le droit de chaque bachelier à s’inscrire dans la formation de son choix (...) (et) "s’accompagne d’un appel à l’ouverture des places nécessaires : 640 millions d’euros supplémentaires suffiraient à créer les 49 000 places en licence qui ont manqué aux bacheliers restés sans affectation en 2025".
La proposition de projet de loi
Le texte de la PPL prévoit que "le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat (...), des dispositifs d’accompagnement pédagogique et des parcours de formation personnalisés (...) sont mis en place au cours du premier cycle par les établissements dispensant une formation d’enseignement supérieur (...).
"Tout candidat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix, sous réserve d’avoir, au préalable, sollicité une préinscription lui permettant de bénéficier du dispositif d’information et d’orientation dudit établissement (...). Lorsque l’effectif des candidatures excède les capacités d’accueil d’un établissement (...), les inscriptions sont prononcées (...), par le recteur (...) en fonction du domicile, de la situation de famille du candidat et des préférences exprimées par celui‑ci.
"Les dispositions relatives à la répartition entre les établissements et les formations excluent toute sélection. Toutefois, une sélection peut être opérée (...) pour l’accès aux sections de techniciens supérieurs, instituts, écoles et préparations à celles‑ci, grands établissements au sens du titre Ier du livre VII, et tous établissements où l’admission est subordonnée à un concours national ou à un concours de recrutement de la fonction publique (...). Le recteur d’académie (...) prévoit, pour l’accès aux sections de techniciens supérieurs et aux instituts universitaires de technologie (...) un pourcentage minimal de bacheliers professionnels et un pourcentage minimal de bacheliers technologiques (...)."
Le texte porte aussi sur les relations entre STS ou CPGE avec les établissements d'enseignement supérieur et précise que "lla préinscription assure aux élèves la connaissance des conventions existantes entre les lycées disposant d’au moins une formation d’enseignement supérieur et les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel auxquels ils sont associés". Il prévoit aussi la double inscription entre CPGE et université.
Le texte complet ici

