Les proviseurs mettent en cause le système Education nationale (audition au Sénat)
Paru dans Scolaire le dimanche 25 octobre 2026.
"Nous n'avons jamais connu des épisodes aussi violents (...), on est très très inquiets." Les trois secrétaires généraux des organisations syndicales de personnels de direction étaient entendus mercredi 21 octobre par les sénateurs de la Commission de la culture et de l'éducation et Bruno Bobkiewicz (UNSA) a évoqué ce logement de fonction incendié, ce proviseur obligé de se réfugier dans sa salle de bain, cet autre qui déménage car sa famille n'est pas en sécurité : "les personnels de direction ne pourront pas redémarrer une période de sept semaines dans ce contexte d'hystérie croissante."
Mais la responsabilité du ministère et des rectorats est également pointée. Des dotations arrivent au mois de septembre, alors la rentrée est faite. Des personnels ne sont pas affectés plus d'un mois après la rentrée alors que des enseignants attendent une affectation... La question de la démission du DRH est posée. La responsabilité des collectivités locales est également soulignée, les élus, qui disposent de 5 sièges dans les conseils d'administration des lycées "ne les occupent pas forcément", notamment dans les lycées professionnels, et ne constatent donc pas par eux-mêmes l'état du bâti.
C'est en fait toute l'administration de l'Education nationale qui est sur la sellette. "Nous avons un vrai problème de gouvernance", "On est sous-administré" (Laurent Kaufmann, CFDT-EFRP). On lance des dispositifs complexes "qui n'étaient demandés par personne", qui ne sont pas évalués et qui disparaissent... Le responsable syndical donne l'exemple du Pacte qui permettait à des enseignants du 1er degré de participer à l'aide aux devoirs. Les évaluations d'établissement prévues par le Conseil d'évaluation de l'école sont "chronophages" et "ne servent à rien", elles n'ont d'ailleurs pas pu "identifier que nous étions au bord d'une crise" (Agnès Andersen, ID-FO). Les lycéens, qui font preuve de "maturité" et avec qui les "discussions sont "fructueuses" (Laurent Kaufmann), évoquent leur dignité à propos de l'état des toilettes, mais c'est vrai depuis la maternelle.
Mais quels sont ces jeunes qui "s'en sont pris à nos établissements" ? D'anciens élèves, sortis en situation d'échec" et qui ont rejoint les 1,3 million de NEET. Qu'est-ce qu'on veut pour notre jeunesse ?"
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