Elysée 2027, les programmes de D. Lisnard, B. Retailleau, E. Philippe
Paru dans Scolaire le jeudi 22 octobre 2026.
ToutEduc publiera l'essentiel des programmes des candidats à l'élection présidentielle à mesure qu'ils seront publiés. Voici ceux de trois candidats de droite.
David Lisnard a lancé son mouvement "Nouvelle énergie". Voici son programme pour l'enseignement scolaire
"L’école doit offrir à chacun les moyens d’atteindre l’excellence, sous toutes ses formes. L’intelligence manuelle vaut l’intelligence théorique (...). La priorité absolue est de casser l’égalitarisme qui a tué l’exigence. Il faut abroger la carte scolaire (...). Nous proposons (...) l’instauration progressive d’un chèque-éducation."
Les chefs d'établissement auraient la liberté "de recruter leurs équipes pédagogiques, d’appliquer leurs méthodes, de gérer leur budget, de refuser les élèves qui nuisent au collectif". Plutôt que d' "imposer une 'mixité sociale' arbitraire" à l'enseignement privé, "il faut élever le niveau général de l’enseignement, partout".
"L’école n’est pas un lieu de vie : c’est un lieu de savoir. Elle doit transmettre les fondamentaux – lire, écrire, compter, raisonner – sans lesquels aucune émancipation n’est possible. Nous proposons l’instauration d’un certificat de fin de primaire, dont la validation conditionnera l’entrée au collège (...). Les programmes seront recentrés sur les disciplines structurantes. L’initiation au grec, au latin, et à la philosophie sera étendu, dès le primaire (...). Contre quarante ans de pédagogisme inefficace, nous rétablirons l’autorité du professeur, le primat du cours sur l’animation, et la logique de progression sur celle du ressenti."
David Lisnard envisage "une augmentation de 20 % des rémunérations (des enseignants) en cinq ans, conditionnée à une réorganisation profonde : autonomie accrue, présence renforcée dans l’établissement, formation continue obligatoire, évaluation régulière (...). Un corps unique d’enseignants contractuels, recrutés sur concours national, sera progressivement mis en place, avec des missions élargies et des perspectives de carrière attractives. L’Éducation nationale sera recentrée sur le tronc commun obligatoire (6-16 ans), l’éveil (1-6 ans) étant confié aux communes dans une logique de subsidiarité."
Il promet aussi de renforcer "les lycées professionnels et les CFA, en les liant étroitement aux entreprises et aux besoins de l’économie locale."
Il prévoit par ailleurs "des classes d’excellence en mathématiques et en sciences" et il considère que "la logique de compétence" doit primer "sur celle des parcours uniformes".
Pour sa part, Bruno Retailleau veut
- "Rendre aux familles la liberté de choisir l'école de leurs enfants", ce qui suppose de "supprimer la carte scolaire et mettre fin à la règle non écrite du 80-20".
- Créées par contrat de cinq ans avec l'académie et la collectivité, mille écoles autonomes auront totale liberté dans le recrutement de leurs professeurs, l'organisation des cycles et leurs méthodes pédagogiques (...). Pour tous les autres, l'autonomie devient la règle : le Conseil supérieur des programmes est supprimé, les programmes ne fixent plus que de grandes orientations.
- Mieux payer tous les professeurs, et proposer aux "meilleurs" des contrats de mission mieux rémunérés, pour les affecter "là où la tâche est la plus rude", et en finir avec "le barème et l'ancienneté".
- Refaire "un lycée de l'excellence" et confier la voie professionnelle aux Régions "avec apprentissage dès quatorze ans".
- Tourner la page du collège unique avec un "examen d'entrée en sixième qui déterminera l'affectation du collégien dans des groupes de niveau (...). Regrouper plusieurs écoles autour de leur collège en écoles du socle."
- "Recentrer les programmes du primaire sur le lire, écrire, compter" et sur l'histoire et la géographie de la France. Mettre fin (...) à la dispersion des 'éducations à' (...). Ne retenir que les méthodes dont l'efficacité est explicitement prouvée."
- "Rétablir les notes chiffrées (...), rendre le redoublement et l'orientation à la seule souveraineté des conseils de classe. Faire du brevet un véritable palier d'orientation (...)."
- "Créer des internats disciplinaires (...). L'affectation sera décidée par l'autorité académique après des exclusions répétées, sans que le refus des parents puisse y faire obstacle."
- Protéger les professeurs et faire respecter la laïcité (...), Étendre la neutralité de la loi de 2004 aux accompagnateurs des sorties scolaires.
- "Protéger nos enfants : aucun adulte sans contrôle, la priorité aux femmes dans le périscolaire."
- Dans chaque académie, une "réserve nationale des sciences" rassemblera des ingénieurs, des chercheurs, des techniciens et des médecins volontaires (...) qui interviendront dans les classes" pour des projets scientifiques, des expériences, des visites de laboratoires et d'entreprises. Les réserves pourraient s'ouvrir "à d'autres disciplines, le français, l'histoire, les arts et les métiers d'excellence".
Le programme d'Edouard Philippe est moins précis, moins articulé.
Il veut comme les deux autres candidats de droite "faire des chefs d'établissements les véritables patrons de l'école : liberté d'adapter les méthodes et les horaires, d'imposer l'uniforme, de fixer les règles de discipline, de participer au recrutement et à l’évaluation de leur équipe."
"Concentrer l'enseignement primaire sur les savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter (...)."
Plus original, le maire du Havre voudrait "créer un service public universel du soutien scolaire, combinant assistant IA personnalisé et brigades d'anciens professeurs et d'étudiants volontaires."
En ce qui concerne l'orientation, il propose de mieux "éclairer les élèves sur les prérequis et les formations possibles".
En matière de santé mentale, il faudrait donner "aux élèves accès à des tiers de confiance, à des conseils et à la détection"
Lui aussi voudrait "augmenter de 20 % la rémunération moyenne des enseignants sur le quinquennat", mais aussi "recréer des écoles normales, plus exigeantes sur les savoirs fondamentaux, pour la formation initiale des professeurs" pour lesquels il propose qu'ils puissent évoluer "dans ou hors de l'Éducation nationale" et qu'ils aient accès à d' "autres façons d'enseigner en fin de carrière".
Il faudrait encore "réduire les effectifs d'élèves en classe, en maternelle et en primaire" (le candidat n'évoque ni le collège, ni le lycée).
Pour les élèves en difficulté, les établissements pourraient "avancer la rentrée d'une à deux semaines"
Il propose de "créer une 'amende de responsabilisation scolaire' (...), pour les parents d'enfants harceleurs, perturbateurs ou absentéistes et les parents violents".
Il voudrait que soient rendues publiques "les évaluations de performance des établissements scolaires" et que l'interdiction des téléphones portables "à l'école primaire et au collège" soit plus stricte;"former les enseignants à l'usage de l'intelligence artificielle pour préparer leurs cours et corriger les devoirs", "relancer le plan Aisance aquatique", améliorer l'accueil des enfants en situation de handicap...

