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Les chefs d'établissement du privé ont le sentiment d'étouffer dans un système sur-administration

Paru dans Scolaire le jeudi 15 octobre 2026.

Il faudrait "mettre tout à plat", estime Alexandre Portier, député (Droite républicaine) et président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation. Il recevait hier le SNCEEL (l'association des "chefs d'établissement de l'enseignement libre") et il a lancé un appel à "une décentralisation totale" de l'Education nationale, le ministère ne conservant que trois prérogatives, la définition des programmes, la définition des "standards de recrutement" des enseignants, l'inspection. Il appelle aussi à "éviter les caricatures", tant de l'enseignement privé, que les familles ne choisissent pas nécessairement pour cultiver l'entre soi, mais par conviction, que de l'enseignement public dont il connaît les qualités pour y avoir fait une partie de sa scolarité.

Il fait remarquer que la règle dite des "80/20" pour la répartition des postes entre public et privé n'est écrite nulle part, il ajoute que l'absence de mixité sociale est davantage subie, du fait de l'urbanisme et de l'absence de soutien au financement des cantines, que voulue, il dénonce la "rigidité" du système, et son "opacité".

C'est un thème qui revient à plusieurs reprises dans les doléances des chefs d'établissement qui se plaignent de ne pas avoir d'interlocuteurs identifiés dans les rectorats, de n'avoir souvent aucune réponse à leurs courriers, ou dans des délais aléatoires, et de dépendre de "potentats locaux" interprétant chacun à sa façon la règlementation. Ils dénoncent également un mode de gestion, par exemple des remplacements de courte durée, de plus en plus complexe alors que les moyens manquent. L'un d'eux avait 75 parts de Pacte, puis 45, puis 35 et il n'en a plus que 8.

Ils dénoncent aussi tout ce qui vient s'ajouter aux programmes, les "éducations à", et ils évoquent des enseignants qui "n'en peuvent plus", qui "n'ont pas signé pour ça" (pour autre chose que l'enseignement de leur discipline, ndlr), l'EVAR ou EVARS est toujours citée, mais parmi d'autres. Le sentiment exprimé par les uns et les autres, sous diverses formes, est surtout celui d'étouffer.

 

 

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