Les 3 - 5 ans ont beaucoup à dire et doivent être consultés pour les décisions qui les concernent (UNICEF)
Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Justice le dimanche 11 octobre 2026.
"À l’école, je suis contente". "Je suis contente quand je retrouve mes copains le matin à l’école". La plupart des enfants sont heureux, dans leur famille et à l'école. Mais pas tous. "J’ai jamais de joie à l’école". "Ma maman me tape très fort fort fort fort, des fois, maman me pince la bouche, c’est vrai quand je fais des bêtises, il ne faut pas faire de bêtises". "Quand l’ATSEM et la maîtresse me tapent, ça me fait mal." "On en parle à doudou."
Ces propos d'enfants âgés de 3 à 5 ans, 36 en France hexagonale et 23 en Guadeloupe, ont été recueillis dans le cadre d'une étude lancée par l'UNICEF avec des chercheurs des universités de Cergy, Nantes, Angers et il ne s'agit évidemment pas d'une enquête dont les résultats puissent être extrapolés à l'ensemble de la population, mais d'observations qui "constituent un premier indicateur encourageant concernant la faisabilité d’un recueil collectif de la parole d’enfants de 3 à 5 ans sur des questions relatives à leurs émotions et à leur bien-être". Ils ont été invités à "évoquer des situations associées à quatre émotions fondamentales – la joie, la peur, la tristesse et la colère – ainsi quʼà identifier les personnes vers lesquelles ils se tournent lorsquʼils ont besoin de soutien".
Leurs parents, leurs enseignant.e.s
"Les résultats de l’étude montrent que les enfants de 3 à 5 ans sont capables de verbaliser certaines formes de violences physiques (...). En revanche, la verbalisation apparaît plus limitée pour d’autres formes de violences, notamment celles impliquant l’intimité (...). L'absence d’évocation de violences sexuelles dans ce contexte spécifique ne peut être interprétée comme l’absence d’exposition éventuelle à ces situations."
"Lorsqu’ils sont confrontés à une émotion difficile, les enfants se tournent prioritairement vers leurs parents pour obtenir de l’aide, du réconfort ou du soutien, quand bien même ils ne vivent pas avec eux (...). Les enseignants, les ATSEM et le corps éducatif dans son ensemble jouent un rôle essentiel dans le développement des compétences psychosociales des jeunes enfants et contribuent pleinement à la promotion de leur santé mentale."
Mais 14 % des enfants en France hexagonale et 13 % en Guadeloupe ne citent aucune personne vers laquelle se tourner à l’école en cas de difficulté émotionnelle, contre 8 % et 4 % au sein de l’environnement familial.
Pas de programmes standardisés
L’UNICEF France recommande notamment au gouvernement de mettre en place "une campagne de sensibilisation nationale sur le droit des enfants à être entendus dès leur plus jeune âge", de "renforcer, au sein des écoles maternelles, les conditions permettant aux enfants de parler de leurs émotions, de leurs relations et de leur vécu quotidien", de "s’assurer que l’ancrage des compétences psychosociales dans les programmes scolaires ne se traduise pas par la promotion exclusive de programmes standardisés", de développer "des lieux intermédiaires entre l’école et le 'hors école', ou d’espaces parents", de généraliser les "cités éducatives – qui ont fait leurs preuves – au-delà des quartiers prioritaires de la politique de la ville"
A noter dans les annexes du document de l'UNICEF les questions posées aux enfants lors des groupes de discussion et lors des entretiens semi-directifs, aux enseignants et aux parents.
Le document ici
renforcer, au sein des écoles
maternelles, les conditions permettant aux enfants de
parler de leurs émotions, de leurs relations et de leur vécu
quotidien, c
Le développement de ces
compétences psychosociales est mentionné dans le programme
de l’École maternelle, mais ne constitue pas un véritable objectif
d’apprentissage, en dépit des recommandations de Santé
publique France,
éfinir explicitement des objectifs de développement
des CPS dans les programmes de l’École maternelle en
tant que domaine d’apprentissage, en complément des six
autres domaines d’apprentissage.
S’assurer que l’ancrage des compétences psychoso-
ciales dans les programmes scolaires ne se traduise pas
par la promotion exclusive de programmes standardi-
sés et s’appuie sur les situations pédagogiques ordi-
naires, les interactions quotidiennes et l’expertise des
professionnels

