Manifestations des lycéens : premières réactions (et absence de réactions)
Paru dans Scolaire le mardi 06 octobre 2026.
La Ligue de l’enseignement fait savoir qu'elle "soutient les revendications lycéennes" qui témoignent "d’un "malaise profond" face à la dégradation réelle (de leurs) conditions d’étude (...). La Ligue de l’enseignement considère l’expression, la participation et l’émancipation des jeunes comme une exigence démocratique (...). La République ne peut répondre à la mobilisation de la jeunesse par la seule logique du maintien de l’ordre, y compris (...) de façon terriblement disproportionnée face à des enfants. Quelque chose, là, n’est pas acceptable (...). Nous avons le devoir d’écouter ce que nous disent les jeunes. Et de prendre soin d’eux, de leur école, et de la démocratie."
L'UNSA Education adresse à l'ensemble des personnels travaillant en établissements scolaires "un message de soutien total". La fédération ajoute : "Les revendications lycéennes pour de meilleures conditions d’études et d’égalité rejoignent nos exigences pour le service public d’éducation (...). Leur expression, lorsqu’elle est pacifique, doit être respectée. En revanche, aucune revendication ne justifie les violences." Elle appelle "les responsables publics à mesurer la portée de leurs paroles et de leurs appels" car ils "doivent contribuer à l’apaisement" et elle demande "aux autorités académiques un appui effectif aux équipes, des consignes claires, l’intervention rapide des services compétents lorsque la sécurité est menacée et un accompagnement des collègues victimes".
Pour les syndicats de la FSU, les revendications des lycéens sont "légitimes". Le SNES, le SNEP et le SNUEP appellent les personnels à "se tenir aux côtés des lycéennes et des lycéens" et à "garantir, pacifiquement, l’effectivité de l’exercice" de leurs droits à manifester, à se réunir, à s'exprimer. "Toutes les violences, d’où qu’elles viennent, doivent cesser", "la répression policière doit cesser". Les organisations syndicales apportent "leur soutien aux élèves et aux personnels maltraités ou blessés ces derniers jours". Ils appellent à la grève ce mardi 6 octobre.
ID, le syndicat FO des personnels de direction refuse que ceux-ci portent "la responsabilité des pénuries qu’ils subissent". "Depuis des mois, les personnels de direction se heurtent à la même réponse : il n’y a personne, il n’y a plus de moyens, il faut 'faire au mieux'. Les parts de PACTE fondent au gré des dotations et les établissements sont sommés d’organiser la pénurie." Sur les emplois du temps, l'organisation syndicale fait remarquer que la réforme Blanquer a multiplié les contraintes. Quant à l'IA, elle ne pourra "créer des salles qui n’existent pas, recruter les enseignants manquants, supprimer les contraintes réglementaires ou réparer les conséquences d’une organisation devenue excessivement complexe"...
ToutEduc ne prétend pas avoir fait le tour de tous les sites d'organisations syndicales ou de mouvements d'éducation populaire, mais constate que beaucoup semblent éviter le sujet. C'est notamment le cas du "Parti de l'Ecole", lancé récemment par des personnalités qui en appellent à un renouveau de la pensée sur notre système scolaire mais portent, pour certaines, une part de responsabilité dans la situation des lycées.

