Les syndicats unanimes pour dénoncer la labellisation des manuels, les conditions de passation des questionnaires VSS, la répression du mouvement lycéen. La FEP ajoute les nouveaux programmes
Paru dans Scolaire le vendredi 02 octobre 2026.
A l'occasion de la réunion, hier 1er octobre, du CSE (le Conseil supérieur de l'éducation), les organisations syndicales unanimes ont émis trois voeux.
Elles ont redit leur opposition à la labellisation des manuels. La CFDT, la CGT Educ’action, la FNEC-FP-FO, la FSU, le SNALC, SUD Education et l'UNSA rappellent dans ce "voeu" que ce projet "a déjà suscité une opposition unanime il y a à peine deux ans". Elles rappellent aussi que la liberté d’édition (pour les éditeurs) et la liberté de choix de leurs manuels et liberté d’usage (pour les enseignants) datent de 1880 et elles demandent au ministre "d’abandonner cette nouvelle tentative". Elles précisent : "Même si vous n’avez évoqué qu’une 'expérimentation', et uniquement les niveaux de CP et de CE1 pour la lecture ou les mathématiques, nous vous demandons de ne pas rouvrir ce dossier qui représente une attaque majeure contre la professionnalité enseignante et la liberté pédagogique."
Un autre voeu présenté par la CFDT (public et privé), la FAGE, la FCPE, la FSU, le SNALC, SUD éducation, l'Union étudiante, l'UNSA porte sur le "questionnaire VSS" qui, malgré les corrections qui y ont été apportées, reste "un dispositif inadapté aux enjeux pourtant majeurs de luttes contre les violences sexuelles faites aux mineur·es. Les signataires dénoncent "la précipitation autour de ce dispositif" et demandent que soient définies des modalités de passation qui garantissent que "le recueil de la parole d’un enfant (...) soit exclusivement mené par des personnels santé-psycho-sociaux", ce qui suppose d'ailleurs de financer leurs frais de déplacement. Ils exigent "qu’aucune pression ne s’exerce pour une passation avant les congés de fin d’année ni ne dispense du binôme constitué d’un personnel des équipes enseignantes ou d'éducation et d’un personnel santé-psycho-social".
Un troisième voeu, présenté par la CFDT, la CGT, FO, la FSU, l'UNSA, SUD éducation, la FCPE, la FAGE et l'Union étudiante porte sur les mobilisations des lycéens. Les signataires considèrent qu'il faut entendre ce qu'ils ont à dire sur leurs conditions d'études, et ils dénoncent "là où elle est constatée, la brutalité des forces de l’ordre" et "une répression totalement inacceptable". Ils demandent "l’abandon de toutes sanctions et poursuites liées au seul fait de participer aux mobilisations et que cesse toute forme de violence à l’encontre des lycéen·nes".
Par ailleurs, la FEP-CFDT (syndical de l’enseignement privé) publie une lettre ouverte au ministre pour dénoncer à nouveau "les nouveaux programmes" qui sont "trop injonctifs. Elle fait part à nouveau "de son inquiétude face à la disparition sournoise du socle commun", "du retour de la note notamment au DNB, de la disparition des cycles". Elle ajoute : "La rédaction de nouveaux programmes par le CSP (Conseil supérieur des programmes) doit permettre de construire un dispositif de qualité, grâce à des consultations régulières, dans la co-construction. Tout cela ne peut pas se faire en quelques mois (...). Un bon programme doit correspondre à la réalité de la société, correspondre aux besoins et niveaux des élèves, à leur diversité (...)."

