Grève relativement suivie dans le second degré, lycées bloqués, un climat social dégradé
Paru dans Scolaire le mardi 29 septembre 2026.
Selon le ministère de l'Education nationale, quelque 15 % des enseignants du 1er degré et 13 % des enseignants du 2nd degré (16 % dans les collèges, 10 % dans les LGT, 8 % dans les LP, 27 % parmi les personnels "vie scolaire") participent au mouvement de grève auquel appelait une vaste intersyndicale ce 29 septembre. Rappelons que ces données sont fausses par construction, surtout en ce qui concerne le second degré. Dans chaque établissement en effet, le nombre des personnels absents est rapporté au nombre des personnels de l'établissement et non pas au nombre des personnels attendus à la première heure le matin. Le ministère mêle de plus chiffres du privé et du public.
Par ailleurs, dans un certain nombre d'établissements, des blocages interviennent depuis plusieurs jours parfois, pour protester notamment contre l'absence d'enseignants. ToutEduc n'est pas outillé pour en évaluer l'importance ni pour attester de violences, d'où qu'elles émanent.
Hier lundi 28 septembre, SUD Education faisait état "d’une vingtaine de lycées d’Ile-de-France mobilisé·es toute la semaine pour un meilleur bâti scolaire, de meilleures conditions d’apprentissage et contre les discriminations". L'organisation syndicale ajoute que, "en plusieurs endroits, les mobilisations ont été réprimées par la police en armes" tandis que les directions des établissements ont pu prendre des sanctions disciplinaires.
Pour sa part, ce 29 septembre, la CFDT "Éducation Formation Recherche Publiques" est "inquiète" de la situation, "condamne toutes les violences et appelle, partout, à l'écoute des revendications des élèves". Elle estime que les difficultés "sont réelles" : "manque de personnels d’enseignement, de vie scolaire, de santé, de service social, d'AESH", mais aussi absence de dialogue, par exemple pour la mise en oeuvre de l'interdiction des téléphones portables" dans un contexte rendu anxiogène par les "transformations écologiques, numériques et démocratiques". Comment construire un avenir "lorsque votre parole est si peu prise en compte et le pouvoir d'agir si limité" ?
Le SNPDEN a un tout autre point de vue, "soutient les personnels de direction et condamne des dérives et des violences "inacceptables" alors que la parole des jeunes doit pouvoir trouver sa place dans les conseils de la vie lycéenne et autres espaces de dialogue. Le syndicat UNSA des personnels de direction considère que "les revendications exprimées par certains lycéens peuvent porter sur des difficultés réelles : moyens insuffisants, personnels absents ou non remplacés, conditions d’études, locaux ou organisation scolaire" mais il estime qu' "aucune revendication ne justifie qu’un professeur, un AED, un CPE, un agent ou un personnel de direction soit insulté, menacé, bousculé, frappé ou blessé pour avoir simplement exercé sa mission". Il dénonce sans le nommer "un élu de la République (qui) porte une responsabilité particulière" puisqu'il cautionne les blocages lesquels s'accompagnent pourtant de tirs de mortiers, incendies, dégradations, tentative d’intrusion ou affrontements.

