Cinquième biennale de l'Education nouvelle pour résister et pour proposer (interview)
Paru dans Scolaire, Périscolaire, Culture, Orientation le dimanche 20 septembre 2026.
La cinquième biennale internationale"de l'l'éducation nouvelle" est organisée, pour la première fois en Italie, à Vérone, du 29 octobre au 1er novembre. Jean-Luc Cazaillon, ancien directeur général des CEMEA, coordonnateur du comité pilotage de "Convergence(s)" nous en précise les enjeux.
Jean-Luc Cazaillon : Les précédentes biennales ont été organisées à Poitiers en 2017 et 2019, Bruxelles en 2022, Nantes en 2024. C'est la première dans un pays non francophone, ce qui témoigne du développement de "Convergence (s)" qui réunit à présent quelque 27 organisations, dont trois fédérations internationales , liées au CEMEA, au mouvement Freinet et au GFEN. Ce sont au total plus de 90 organisations implantées dans quelque 35 pays qui vont "converger" à Vérone. Le choix de l'Italie n'est pas neutre non plus, dans le contexte politique d'une montée de la droite dure, mais aussi des résistances. C'est d'ailleurs la mairie de Vérone qui a souhaité nous accueillir et qui a demandé que nos rencontres soient, au moins pour partie, ouvertes à des publics extérieurs, aux habitants...
ToutEduc : Cette manifestation pédagogique a donc une dimension politique ?
Jean-Luc Cazaillon : Oui, la droite, surtout extrême a une vision restrictive du rôle de l'école, elle le limite aux fondamentaux et juge futile toute la dimension culturelle des enseignements, elle est centrée sur les apprentissages et elle gagne des points dans la bataille des idées en Europe et dans le monde.
ToutEduc : Vous vous présentez donc comme une force de résistance...
Jean-Luc Cazaillon : Il faut aussi que nous soyons force de proposition. Nous avons travaillé avec les différents mouvements, en France le GFEN, les CEMEA, l'ICEM-pédagogie Freinet, le CRAP-Cahiers pédagogiques, la FESPI et nous voyons bien à quoi nous nous opposons, mais les "pédagogies actives", une dénomination qui fait davantage consensus que "pédagogies nouvelles" sont aussi porteuses de valeurs. Il ne suffit pas de dire "pédagogie", il faut préciser ce dont nous sommes porteurs et nous ressentons la nécessité de nous mettre dans une posture de production, de construction collective, surtout à l'heure de l'IA qui vient bouleverser le rapport au savoir et donc le rôle des enseignants, des éducateurs...
ToutEduc : Pour être force de proposition, il faut être en bonne santé. Comment va le mouvement associatif ?
Jean-Luc Cazaillon :Les mouvements pédagogiques, comme toutes les associations, sont affaiblis en termes de moyens, mais du point de vue des idées, de l'action, ils se portent bien, les militants sont très engagés, l'époque l'exige.
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