Education : Les "allants-de-soi" sont souvent de fausses évidences (IFE-ENS)
Paru dans Scolaire le mercredi 16 septembre 2026.
En matière d'éducation, bien des "allants-de-soi" n'en sont pas, et en cette année électorale, les fausses évidences et les références à la science là où la science n'a rien dit, ou dit l'inverse, sur les écrans par exemple, vont vraisemblablement se multiplier dans les discours des candidats. Les écarts entre des recherches de plus en plus nombreuses et les connaissances effectivement mobilisées dans le débat public vont aller croissant. D'où la nécessité de disposer d'un organisme indépendant, capable de faire l'interface entre les travaux des chercheurs et les acteurs du système éducatif, plaide l'IFE - ENS, et Xavier Pons, qui a succédé à Luc Ria à la direction de l'institut français de l'éducation, composante de l'Ecole normale supérieure de Lyon, présentait ce 16 septembre à la presse ses missions.
Il lance à cette occasion une nouvelle publication bi-annuelle, un 4 pages, "édudébat", consacrée à des sujets que la recherche n'éclaire pas suffisamment, comme la cantine, objet du 1er numéro, ou les violences subies par les enfants dans l'espace scolaire qui seront évoquées dans le second numéro.
Sur la cantine, Marie Gaussel, autrice de la "note de controverse" constate que le débat public porte sur les coûts, pour la collectivité et pour les familles, sur la qualité des matières premières, sur les menus de substitution, mais bien peu sur la place de l'enfant dans cet espace de socialisation "où se rejouent les rapports de pouvoir entre élèves, les stratégies d’affiliation au groupe et la confrontation entre cultures familiales et règles scolaires". Le débat public ne s'intéresse pas non plus, ou bien peu aux personnels de restauration et aux ATSEM, à leurs conditions de travail, à leur rôle nourricier. Il ne faudrait pas se focaliser sur le bio et les circuits courts, en ignorant l’organisation du travail. "L’industrialisation a éloigné la production des repas de l’école ; elle a invisibilisé et dévalorisé la compétence nourricière, invalidé la cuisine comme domaine éducatif (...). Le modèle industriel sépare les enfants des personnes qui préparent et servent les repas en effaçant la cuisine comme activité relationnelle."
La note de controverse ici

