Les personnels de direction confrontés à la raréfaction des moyens (SNPDEN-UNSA)
Paru dans Scolaire le jeudi 10 septembre 2026.
Il y a une bonne nouvelle en cette rentrée pour les personnels de direction interrogés par le SNPDEN, l'hostilité des familles ne constitue un frein à la mise en oeuvre de l'EVARS que dans 1% des établissements, les refus des enseignants dans 5 %. Pour les 22 % qui n'ont pas mis en oeuvre, les freins sont surtout matériels, absence de financement des interventions extérieures, absence de professeur formé, absence d'infirmier.e...
Le syndicat UNSA des personnels de direction présentait ce 10 septembre, son analyse de la situation et les résultats de son enquête annuelle sur les conditions de la rentrée, à laquelle ont répondu quelque 2 300 personnels de direction, essentiellement des adhérents au syndicat.
Autre point, négatif mais dont certains aspects sont positifs, la cyberattaque et la mise hors circuit des messageries et autres outils numériques. La communication est alors "plus tranquille", le syndicat soutiendra les chefs d'établissement qui "élimineront les tâches qui ne sont pas directement utiles", par exemple la passation des évaluations nationales. De plus, cette panne vient rappeler à l'administration les dangers d'une centralisation des données, qu'il serait plus judicieux de fragmenter et de laisser dans les établissements. A noter encore une diminution du pourcentage des personnels de direction qui sont "insatisfaits" ou "très insatisfaits" des "orientations et choix ministériels", 50 % contre 68 % l'an dernier.
Pour le reste, les résultats illustrent la formule placée en tête du dossier de presse, "Comment faire ... avec rien ?" La gestion des remplacements de longue durée à été l'année dernière "insatisfaisante ou très insatisfaisante" (65 %), en cette rentrée il manque un enseignant dans 38 % des établissements, plus d'un dans 27 %, plus de 10 dans 6 % des établissements de certaines académies, des agents dans plus de 40 %, des personnels de direction dans près de 15 %... Si les deux-tiers des chefs d'établissement sont favorable à une régulation de l'utilisation des téléphones portables, la plupart ne devraient l'interdire que dans les couloirs et les réfectoires, et non pas dans la cour de récréation...
Mais ce qui fâche surtout les personnels de direction, c'est de ne pas savoir de quels moyens ils disposeront cette année, 13 % l'ignorent pour les IMP, 34 % pour les HSE, 18 % pour les "Pactes", et quand ils les connaissent, ils sont souvent en diminution, dans 31 % des cas pour les IMP, dans 48 % pour les HSE, dans 76 % des cas pour les Pactes. Beaucoup constatent qu'ils ne pourront pas financer des dispositifs obligatoires comme "Devoirs faits". S'y ajoute, nouveau scandale, la diminution des moyens pour le Pass' culture. S'y ajoutent les effets de la nomination tardive des enseignants stagiaires.
Quelque 60 à 70 % des répondants placent parmi leurs priorités, loin devant leurs autres préoccupations, les conditions d'exercice de leur métier, leur vie personnelle et leur santé... Les responsables syndicaux n'ont pas proposé d'interprétation de cette donnée qui pourrait signifier une forme de désengagement, de repli.

