Attractivité du métier d'enseignant : la Commission européenne inquiète
Paru dans Scolaire le dimanche 06 septembre 2026.
Dans la plupart des pays européens, les salaires des enseignants sont inférieurs à ceux de salariés ayant le même niveau de diplôme, et pourtant, la plupart des enseignants déclarent qu'ils choisiraient à nouveau l'enseignement, constate la Commission européenne dans un document qui ne l'engage pas, mais dans lequel Roxana Mînzatu, Commissaire à l'éducation, rappelle qu'investir dans l'éducation est l'un des choix les plus importants que peut faire une société.
L'organisation internationale note pourtant que ceux qui referaient ce choix de carrière sont plus souvent des femmes que des hommes, de jeunes enseignants plutôt que ceux qui cumulent les années d'expérience, elle note aussi que leur proportion diminue, près de 80 % en 2018, 76,5 % en 2024. Au vu de toute une batterie d'indicateurs, elle constate que renforcer l'attractivité du métier d'enseignant demande une approche globale, incluant salaires, conditions de travail et bien-être, ces deux derniers points ayant des conséquences budgétaires. Réduire la charge de travail suppose en effet d'augmenter les moyens, d'améliorer l'environnement des établissements, de diminuer le nombre d'élèves par classe..., autant de facteurs qui jouent un rôle essentiel pour soutenir la motivation des enseignants.
Autre point important, l'organisation des carrières et les possibilités d'évolution peuvent contribuer à retenir les enseignants et pour les enseignants en formation, c'est, avec le salaire et la charge de travail, au moins aussi important que la possibilité de travailler avec des enfants, notamment pour les plus brillants d'entre eux. Au Danemark et aux Pays-bas, il faut 12 ans pour arriver au salaire maximum, il en faut 40 en Slovaquie, 39 en Espagne, 35 en Italie... Une progression plus rapide et plus forte contribue à l'attractivité du métier. Il faut aussi compter avec le développement professionnel, une charge de travail gérable et un statut social. On le voit, les recherches démontrent que seules des politiques globales, qui touchent à la fois les aspects matériels et immatériels du métier, peuvent en améliorer l'attractivité.
Le document en anglais ("Investing in Education 2026, Focus on the teaching profession") ici

