L'agrégation pour le recrutement de tous les enseignants du 2nd degré ? (SNES)
Paru dans Scolaire, Justice, Orientation le jeudi 27 août 2026.
Le SNES souhaite que l'agrégation, "repensée, rénovée", soit le niveau de recrutement de tous les enseignants du 2nd degré (collèges et lycées GT, ndlr). Les représentants du syndicat FSU des enseignements de second degré l'a dit ce 27 août à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée. Il refuse d'ailleurs que les enseignants soient considérés comme "des automates", des "utilisateurs de guides de bonnes pratiques", ce à quoi conduirait une formation initiale qui ne serait pas "véritablement universitaire". Il dénonce la "pédagogie explicite" présentée comme une méthode validée par la science et donc "indiscutable", alors qu'il en conteste vivement la présentation, comme si elle devait s'imposer comme la seule méthode pour faire réussir les élèves.
Cette conférence a aussi été, pour le SNES, l'occasion de rappeler sa position de fond, "nous défendons l'idée que tous les élèves sont capables de réussir".
Balayant l'actualité,Sophie Vénétitay et Gwénaël Le Paih (secrétaire générale et secrétaire général adjoint) ont souhaité que soit mise en place, dès le niveau L2, une forme de salariat sans contrepartie (sur le modèle des IPES d'autrefois, ndlr), et il demande une revalorisation des salaires pour amener les débuts de carrière à 2 SMIC. Les deux responsables constatent d'autre part que, comme ils l'avaient prévu, le "Pacte" est en train de "mourir de sa belle mort", faute de budget.
Sur la formatio à l'EVARS, ils constatent qu'elle se limite à 3h en distanciel. Sur l'ajout au questionnaire sur le harcèlement d'items relatifs aux violences, notamment sexuelles, ils s'inquiètent de savoir quelles suites pourront leur être données, "et par qui ? Recueillir la parole des victimes, ça ne s'improvise pas. Qui va gérer d'éventuels articles 40 ? Quelles relations avec la justice, déjà débordée ?"
En ce qui concerne l'expérimentation, dans 18 départements, d'une réflexion commune sur l'offre de formation et la carte scolaire, l'organisation syndicale manque d'informations, mais craint que l'Education nationale soit confrontée aux "décisions unilatérales" des collectivités territoriales.
Le SNES redoute par ailleurs un véritable "plan social" pour les non-titulaires et il estime que l'atmosphère qui prévaut à cette rentrée est "une colère sourde".

