"Repenser l'offre d'éducation au niveau territorial" (Régions de France)
Paru dans Scolaire, Orientation le lundi 24 août 2026.
Un changement climatique plus rapide que prévu, la baisse de la démographie et les quelque 400 à 600 000 emplois non pourvus obligent à penser les questions d'éducation et d'orientation au niveau territorial, estime "Régions de France" qui tenait ce 24 août sa conférence de presse de rentrée. Les porte-parole de l'association, Frédéric Bonneau (Centre), Kamel Chibli (Occitanie), Valérie Debord (Grand Est) n'ont pas manqué de dire leur colère à l'annonce d'une "brutalité totale" de la "suppression dans le budget 2027 des crédits affectés jusque là aux Régions pour l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi".
Cette décision va en effet empêcher les Régions d'intervenir lorsqu'un CFA "qui n'est pas dans une grande agglomération" se trouve en difficulté. La section charcuterie de Chateauroux compte 12 jeunes, elle ne peut pas équilibrer son budget. Faut-il pour autant les envoyer à Orléans ? Beaucoup n'iront pas. Il faudrait créer une formation aux "métiers de la paille et de la bio-construction", mais ce n'est qu'après plusieurs années qu'elle attirera une trentaine de jeunes... A moins qu'il ne soit mutualisé avec un lycée professionnel, une Région ne pourra pas non plus intervenir pour l'entretien d'un plateau technique.
Il s'agit, plus globalement de repenser l'offre d'éducation au niveau d'un territoire, en associant tous les acteurs, pour imaginer des collèges - lycées, des internats collège-lycée, penser les transports, la restauration scolaire, pour éviter qu'à l'instar des "déserts médicaux" n'apparaissent des "déserts éducatifs". C'est ainsi qu'il faut repenser l'aménagement du territoire. C'est également à ce niveau qu'il faut penser l'orientation, estime "Régions de France". Le dossier de presse insiste d'ailleurs sur l'expérimentation de diverses formules pour des "maisons de l'orientation" tandis que les élus disent leur conviction que les collectivités seraient plus efficaces si elles avaient la totalité de la compétence en la matière, qu'elles s'en sont emparé "pour de vrai", conjuguant leur politique avec celle des internats (la Région Grand Est a d'ailleurs mis en place des internats "à un euro"). Mais "la généralisation des Maisons de l’Orientation à l’échelle nationale nécessitera impérativement un transfert effectif des moyens humains de l’État" alors qu'on assisterait à "une recentralisation rampante" de l'orientation scolaire et professionnelle.
Autre sujet, l'adaptation du bâti au changement climatique, y compris aux mouvements des sols. Ce sont des travaux très lourds qui doivent être envisagés, pour lesquels les collectivités auront besoin du soutien de l'Etat. Or celui-ci ne semble pas se soucier d'anticiper les problèmes d'éducation, par exemple en ce qui concerne les manuels numériques, même si l'association semble soucieuse de ne pas prendre trop évidemment position sur le dossier "Ile-de-France".
Le dossier de presse ici

