Comment "la Droite" voit l'Ecole (Institut Thomas More)
Paru dans Scolaire le dimanche 09 août 2026.
Comment la droite (et "la droite de la droite") voit-elle l'Ecole ? Que souhaiteraient ses militants qu'elle fasse si elle emporte l'élection présidentielle ? Une intervention de Maxime Michelet (député, proche d'E. Ciotti) en donnait une idée l'année dernière (ici). Une publication de l' "Institut Thomas More" en donne aussi une, même s'il faut lire un projet entre les lignes d'une critique de l'action publique depuis 50 ans. Ce "laboratoire d'idées libéral - conservateur" liste "50 décisions qui ont coulé la France", dont cinq concernent le système scolaire. En voici les éléments les plus significatifs.
C'est d'abord, en juillet 1975 le "collège unique, premier acte du nivellement vers le bas" : "En imposant un enseignement identique de la 6e à la 3e et en retardant l’orientation, le texte fixe dans la loi l’objectif explicite de garantie de l’ 'égalité des chances' entre tous les élèves." La réforme Haby "constitue, davantage qu’une rupture, un prolongement de visions éducatives unitaires et égalitaires qui lui préexistaient au moins depuis la Libération". L'Institut dénonce "une réforme aveuglément égalitariste", reflet des idées de Jean-Claude Passeron et Pierre Bourdieu qui "expliquaient qu’il fallait non pas aider les humbles à s’élever mais défavoriser les favorisés et liquider le capital culturel". Depuis "le niveau scolaire s’est effondré" et l'économie française "pâtit d’une surproduction de diplômés formés à des emplois qui n’existent pas".
C'est ensuite, la "Loi Jospin" de 1989 : "l'élève devient roi du système éducatif" comme l'explique alors Jean-Paul Brighelli, souvent cité. "La principale disposition du texte est l’affirmation dans la loi que l’école doit être organisée en fonction des élèves" et ceux-ci sont considérés comme de "petits adultes avant l’heure" puisqu'ils disposent (au collège et au lycée) "de la liberté d'information et de la liberté d'expression".
La critique se veut nuancée, "le problème vient de la radicalisation d’idées, d’intuitions ou de pratiques qui peuvent être bonnes, ou au moins pas mal intentionnées au départ", mais "un principe éducatif a été largement escamoté : l’exigence".
Troisième évènement quelques mois plus tard, la "première capitulation française devant l’islam politique" avec l'affaire des foulards à Creil, "première manifestation d’un islam politique déterminé et organisé". Lionel Jospin, alors ministre de l'Éducation nationale, avait alors choisi "l'ambiguïté" et avait déclaré que "l'école est faite pour accueillir les enfants et pas pour les exclure". "En offrant à l'islam politique une brèche juridique, la France n'a pas seulement capitulé sur le foulard : elle a renoncé à affirmer que ses valeurs et ses 'formes de vie' n'étaient pas négociables." Quant à la loi de 2004, elle se révèle "largement insuffisante"
Avec la "Loi Peillon" de 2013, "extrêmement bavarde et assez confuse", et qui choisit "le pédagogisme contre l'école","on abandonne la mission première de l’école : instruire pour former des esprits libres capables de penser par eux-mêmes". Et pourtant, "cette réforme aurait pu être une remarquable avancée, en étalant davantage le temps scolaire dans l’année (moins de vacances) et en réduisant le temps scolaire dans la journée, afin de faire place à des activités périscolaires (sport, musique, théâtre, etc.)." Mais "faute de moyens et de compétences", elle "a été un échec retentissant". Tandis que le Conseil supérieur des programmes "se constitue dès le départ en citadelle du progressisme et du pédagogisme", les IUFM sont autant de "citadelles du pédagogisme".
La première des "50 décisions qui ont coulé la France" était la loi Haby, la dernière date de février 2025 avec la publication du "programme EVARS sur la sexualité". Pour l'ITM, "l’école se trompe et trompe l’enfant" : L’intention peut être recevable mais (...) le cadre scolaire n’a pas la légitimité permettant que les mesures préconisées atteignent le but recherché" d'autant que l’Éducation nationale sort "de plus en plus de son rôle de transmission des savoirs pour s’occuper du formatage des consciences." Faire de la sexualité"un enjeu d’enseignement est, au mieux, une erreur, et plutôt un dévoiement (...). Seuls les parents, par l’effet du lien filial, peuvent tenir une parole désexualisée sur la sexualité – ou éventuellement le personnel médical et infirmier de l’établissement scolaire, mais ce n’est pas ce qui est prévu par le programme EVARS. Cela est d’autant plus à prendre en compte que la plupart des classes sont mixtes (...)."
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