CEREQ : l'augmentation du nombre des jeunes diplômés ne provoque pas une inflation des diplômes (CEREQ)
Paru dans Scolaire, Orientation le mardi 07 juillet 2026.
"Plus le diplôme est élevé, plus l’insertion reste favorable, et l’absence de diplôme continue de peser lourdement sur l’accès à l’emploi", estiment les autrices d'un "Bref" du CEREQ consacré à l’entrée sur le marché du travail des jeunes sortis du système éducatif en 2021, dans un contexte marqué par les chocs économiques" et la pandémie. Elles y trouvent la confirmation de la prédiction de Baudelot et Leclerc : "La corrélation (...) entre le nombre d’années de scolarité effectuées par un individu et les revenus qu’il tire de son travail [reste] l’une des 'régularités empiriques' les mieux établies en économie."
Elles constatent en effet que, trois ans après leur sortie des études, 74 % des jeunes de la Génération 2021 sont en emploi, mais que la situation des jeunes sortis "au plus bas niveau de qualification" demeure de loin la plus difficile, avec un taux de chômage à 40 % et parmi ceux qui sont en emploi, "moins de la moitié occupent un emploi à durée indéterminée".
Elles comparent la situation actuelle et celle de la "Génération 2004". Sur cette période, "le niveau d’éducation à l’entrée sur le marché du travail s’est nettement élevé" puisque près de 24 % de la Génération 2021 terminent leurs études avec un diplôme de l’enseignement supérieur long, contre 11 % pour la Génération 2004.
Et la question se pose, "les débutants étant de plus en plus diplômés, leur diplôme a-t-il toujours la même valeur dans les premières années de vie active ?" Oui, "l’hypothèse d’une inflation des diplômes (...) n’est pas privilégiée", au vu de quatre indicateurs, les revenus perçus à la sortie des étude, le taux de chômage après trois ans de vie active, la part d’une Génération accédant après trois ans à l’emploi à durée indéterminée, la part de jeunes déclassés après trois ans (quand le niveau de formation détenu est supérieur au niveau de compétences requis pour l’emploi occupé).
Toutefois, "derrière la permanence de ces catégories (de diplômes) figure une hétérogénéité qui a grandi sur la période étudiée, du point de vue des spécialités mais aussi des secteurs ou des voies d’enseignement".
Le Bref "Enquête 2024 auprès de la Génération 2021. S'insérer dans un monde instable : le diplôme reste une valeur sûre" ici

