L'inclusion scolaire ne va pas sans douleurs (enquête de France TND et DMF)
Paru dans Scolaire le dimanche 21 juin 2026.
La moitié des collégiens et lycéens avec des TND (troubles du neurodéveloppement) "ne sont pas heureux d'aller à l'école". C'est ce qui ressort d'une enquête menée par France TND et DMF ("dyspraxique mais fantastique").
Sur les 404 élèves qui ont répondu au questionnaire, 63 % "confient avoir été moqués et insultés en raison de leurs difficultés", près d'un sur trois "est stressé par l'école en permanence" et certains évoquent "une surcharge sensorielle (bruit, lumière, agitation) associée à une fatigue physique intense". Ils demandent "à être davantage entendus", à "passer d’un statut d’élève 'aidé' à celui d’élève acteur de sa scolarité, impliqué dans les décisions concernant ses aménagements".
Sur les 466 enseignants, AESH et CPE qui ont renseigné le questionnaire, seuls 37 (8 %) estiment que l'accompagnement d'élèves avec TND "ne pose pas de difficulté particulière". Les répondants évoquent leur difficulté à comprendre les besoins spécifiques de ces élèves, les enseignants se sentent submergés par leur charge de travail et les AESH "expriment un sentiment d’illégitimité de leur parole". Tous dénonce un cloisonnement persistant "entre l’école et les partenaires extérieurs (orthophonistes, ergothérapeutes, etc.)".
Quant aux quelque 2 200 mères qui ont répondu (les pères sont l'exception), elles dénoncent "des aménagements attribués mais non respectés", seules la moitié d'entre elles un "interlocuteur privilégié" dans l'établissement (enseignant ou directeur), 84 % d'entre elles "se sentent démunies", "d’autres déclarent subir des remarques culpabilisantes ainsi que des jugements concernant leur manière d’éduquer leurs enfants". De plus, "l’enfant, qui a dû se 'sur-adapter' toute la journée à l’école, libère souvent sa fatigue et ses tensions à la maison". Les parents doivent alors gérer ces situations, parfois difficilement. Plusieurs témoignages évoquent une anxiété permanente chez les parents et l’apparition de phobies scolaires chez les enfants."
L'enquête ici

