Ecole - parents : la dégradation des relations pourraient s'aggraver très sérieusement (G. Fotinos, SE-UNSA)
Paru dans Scolaire le mardi 16 juin 2026.
Les deux tiers des directeurs/trices d'école jugeaient que dans leur école, le "climat scolaire" était bon, voire excellent, en 2013, ils ne sont plus que 59 %. Cette dégradation est l'un des enseignements de l'enquête menée par Georges Fotinos avec le SE-UNSA. Il a repris les items de l'enquête d'il y a une douzaine d'année. Ils sont un tiers à penser que la relation avec les parents s'est détériorée, près d'un sur deux a été confronté à un "chantage au changement vers une école privée". Alors qu'en 2013, 44 % des répondants n'avaient "presque jamais" de différends avec les parents, ce n'est plus le cas que de 21 % d'entre eux/elles, les trois quarts n'avaient jamais reçu d'insultes de leur part, ce n'est plus qu'un sur deux.
A noter parmi les enseignements de cette enquête que la situation est meilleure en éducation prioritaire lorsqu'il s'agit du respect de l'autorité du directeur/trice ou des questions de pédagogie, moins bonne lorsqu'il s'agit de laïcité, notamment du respect de l'obligation scolaire. A noter également le lien entre climat scolaire et pourcentage d'EBEP (élèves à besoins éducatifs particuliers, notamment porteurs de handicap). Le climat est au moins bon dans les deux tiers des écoles qui en comptent moins de 5 %, ce n'est le cas que dans 50 % des écoles qui en comptent plus de 15 %.
A noter aussi que la qualité des relations avec les parents est bien meilleure en maternelle qu'en élémentaire (72 % vs 54 %). Pour Elisabeth Allain-Moreno, les parents de maternelle sont mieux informés des objectifs de l'école, ils entrent dans les classes, échangent trois mots avec l'enseignant.e, ce qui suffit à désamorcer les incompréhensions. La secrétaire générale du Syndicat UNSA des enseignants n'a d'ailleurs pas un regard entièrement négatif sur les résultats de cette enquête. "Les familles sont plus exigeantes" à l'égard de l'école et "c'est légitime", la société a évolué, il ne sert à rien de vouloir "restaurer" le respect, il faut élaborer de nouvelles formes de co-éducation. On voit sinon des parents "vigilants" se muer en "commissaires politiques" et les "conseils d'école" accueillir toutes les tensions qu'ils entretiennent. Certains signaux, à bas bruit, sont inquiétants, met en garde Georges Fotinos.

