Voie professionnelle : Sabrina Roubache annonce ses chantiers au congrès du SNETAA-FO
Paru dans Scolaire, Orientation le dimanche 14 juin 2026.
Sabrina Roubache présentera sa feuille de route pour l'enseignement et la formation professionnels devant l'ensemble des partenaires sociaux le 16 juin au ministère du Travail. Elle en a donné des éléments à l'occasion du 39ème congrès du SNETAA, le syndicat FO de l'enseignement professionnel, la semaine dernière.
Son secrétaire général, Pascal Vivier, qui avait été reconduit pour cinq ans au mois de décembre dernier, a souligné que les enseignants des lycées professionnels "sont dans une réelle souffrance", qu'ils "ont été salis, méprisés" et qu'ils ont subi des réformes "plus ineptes les unes que les autres".
La ministre déléguée, qui se dit consciente de la nécessité du dialogue avec les organisations syndicales, défend l'ambition de "la réforme engagée", mais elle reconnaît qu' "une ambition n'est pas un résultat" et que "certaines articulations pensées sur le papier n'ont pas trouvé leur traduction dans les classes". Elle note pourtant des progrès, "le regard des familles change, les demandes d'orientation vers la voie professionnelle "sont passées de 32 % en 2019 à 36,2 %". Elle évoque "trois chantiers" sur lesquels elle veut travailler.
C'est d'abord la troisième prépa-métiers, une "bonne réponse" à la question de l'orientation : "son développement doit s'accélérer", mais "avec méthode, sans reproduire les erreurs d'un déploiement trop rapide et sans moyens adaptés" (le SNETAA estime à plusieurs centaines le nombre de 3èmes prépa-métiers" qu'il faudrait créer, ndlr).
"Deuxième chantier : les places réservées en première LP pour les titulaires d'un CAP", une continuité qui doit être "garantie" à des jeunes qui ont prouvé leur compétence.
"Troisième chantier : la poursuite d'études dans l'enseignement supérieur.
93 % des bacheliers professionnels qui candidatent dans Parcoursup visent un BTS ou une licence professionnelle. Ce désir de continuer est légitime" et la ministre propose que les "certificats de spécialisation", à bac+1 soient reconnus "comme diplômes de l'enseignement supérieur".
La ministre entend par ailleurs rassurer les enseignants. "La carte des formations doit évoluer" mais "avec les équipes", cette évolution sera "accompagnée, anticipée". Elle annonce encore un travail avec les académies sur les internats : "20 % des places d'internat dans les lycées professionnels restent vacantes. Pendant ce temps, des jeunes renoncent à des formations parce qu'ils ne peuvent pas se loger."
A noter que la résolution générale qui était présentée au congrès a été adoptée à 94%.

