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Le SNPDEN-UNSA s'inquiète du "populisme éducatif" à l'occasion de la campagne présidentielle à venir, et dénonce la dégradation de la situation des établissements

Paru dans Scolaire, Orientation le mardi 26 mai 2026.

"On ne parle pas beaucoup d'école." A moins d'un an de la présidentielle, le SNPDEN est inquiet et il a tracé quelques lignes rouges qu'il a présentées à la presse ce 26 mai. Il faut davantage de mixité sociale, la situation actuelle de certains établissements est, de ce point de vue "caricaturale", il faut veiller à l'équilibre public - privé, lequel, bénéficiant de financements publics, doit connaître les mêmes contrôles et les mêmes contraintes que le public, notamment en ce qui concerne la répartition des moyens entre les établissements. L'autonomie des établissements "sera agitée par tous les candidats" et le SNPDEN demande au pouvoir politique de laisser aux établissements (et non pas aux chefs d'établissement) "toute latitude pour affecter" leurs ressources. Les personnels de direction constatent que, sur l'école inclusive, "on n'avance pas", sans pour autant avoir la solution.

Il y a aussi ce que l'organisation syndicale refuse, à commencer par "le populisme éducatif" et Bruno Bobkiewicz, le secrétaire général, donne deux exemples, les groupes de niveaux et les uniformes. Il évoque également la baisse démographique à venir dans le second degré et la tentation démagogique de conserver de tout petits établissements. "Quand il faut fermer, il faut fermer", et trouver des solutions pour mutualiser l'utilisation des locaux.

Il refuse également les "orientations précoces", notamment le DNB obligatoire pour passer en 2de. Il n'accepte pas non plus le transfert aux Régions ou aux Départements de certains personnels ("alors que les collectivités n'assument pas actuellement leurs responsabilités" puisque dans 16 % des établissements, au moins un poste d'agent territorial n'est pas pourvu depuis le début de l'année). Le SNPDEN exige encore la fin du "stop-and-go" budgétaire de ces dernières années. I

Il refuse aussi la promesse démagogique de supprimer Parcoursup, malgré la pression induite par la faiblesse du nombre de places d'accueil dans certaines filières et les différences de sévérité dans la notation des enseignants. A ce sujet, une question sur une éventuelle interdiction des portables au lycée est l'occasion de souligner l'importance de la triche lors de "devoirs sur table" dont les résultats sont pris en compte pour le bac et pour Parcoursup, sans que la répression soit à la hauteur de ce qu'elle est lors de l'examen, malgré une importance comparable.

Autre grand sujet de préoccupation, les non remplacements ou, pire, les postes non pourvus depuis le début de l'année. Il est plus que vraisemblable qu'aucun établissement n'a actuellement tous ses personnels, non compris les remplacements de courte durée, pour qui le SNPDEN note un léger mieux, mais sans doute parce que les établissements ont beaucoup consommé les PACTE qui feront défaut à la prochaine rentrée.

Au moment de l'enquête, moins de 30 % des établissements avaient tous leurs enseignants, 12 % comptaient au moins un poste non pourvu depuis le début de l'année. Si l'organisation syndicale constate "un léger mieux" en ce qui concerne les secrétaires généraux et agents comptables (15 % d'établissements comptant un personnel absent ou poste non pourvu au lieu de 18 % l'année dernière), "tout le reste s'est dégradé". Et pour ce qui est de l'école inclusive, on est "au bout du système".

A noter encore que, en ce qui concerne les téléphones portables au lycée, il est vraisemblable qu'il reviendra aux établissements de déterminer les zones où ils seraient autorisés et les modalités de la distinction entre élèves et étudiants, mais les règlements intérieurs doivent être publiés avant le début de l'année scolaire. Les textes ministériels vont sans doute arriver trop tard.

Par ailleurs, le SNPDEN a décidé de soutenir la diffusion de "L'Abandon", le film consacré aux derniers jours de Samuel Paty, un "très bel outil pédagogique" pour évoquer la laïcité, les réseaux sociaux, la place des parents...

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