Les PAS peuvent-ils remplacer les PIAL ? L'inspection générale s'interroge.
Paru dans Scolaire le lundi 01 juin 2026.
La mission d'inspection générale sur les AESH (ici) a consacré une partie de son rapport, notamment une importante annexe, aux PAS, un dispositif dont elle "confirme la pertinence". Elle ajoute que "les habitudes de travail" des ESMS (établissements et services médico-sociaux) "sont ancrées dans la prise en compte de l’enfant dans la totalité de son parcours de vie" et "se traduit par des points réguliers, des ajustements de la prise en charge, des modalités de partage des informations qui pourront, via les PAS, infuser plus largement dans les établissements scolaires".
Les inspectrices générales notent d'ailleurs que les personnels plébiscitent "la coopération native (telle qu’elle est prévue) entre le coordonnateur du PAS, issu de l’éducation nationale, et l’éducateur spécialisé mis à disposition par l’ESMS (de secteur" et que "le recours aux phases d’observation dans les classes (...) représente un élément structurant de l’intervention du PAS". Mais "cette coopération reste tributaire d’une bonne appropriation préalable des codes et de la culture professionnelle réciproque des deux acteurs". On ne saurait mieux dire que les personnes venues d'un autre univers professionnel ne sont pas toujours bien accueillies.
La mission met d'ailleurs plusieurs bémols à son évaluation des 100 premiers PAS préfigurateurs dont elle a pu observer le fonctionnement (24 dans l’Aisne ; 17 en Côte d’Or ; 18 dans l’Eure et Loir ; 41 dans le Var). Elle constate notamment que "la préfiguration n’a quasiment pas traité de l’articulation avec les AESH, point majeur pourtant de la politique de compensation". Par ailleurs, le lien aux RASED et aux CPC (les conseillers pédagogiques) n’a, de fait, pas été organisé".
La mission constate que le PAS est "destiné en priorité à favoriser des réponses de premier niveau pour les EBEP (élèves à besoins éducatifs particuliers)", mais, "première difficulté", le "manque de définition claire des EBEP" qui sont aussi bien des enfants handicapés, des enfants en difficulté scolaire grave et durable, en situation familiale ou sociale difficile, intellectuellement précoces, nouvellement arrivés en France, malades, enfants du voyage, enfants mineurs en milieu carcéral" : "S’il existe des données sur le nombre d’enfants en situation de handicap par territoire, il est actuellement impossible de disposer de données sur le nombre estimé d’EBEP", donc sur le financement des PAS.
Le coût serait de 100K€ par PAS de financement par l'ARS (agence régionale de santé) tandis que l'Education nationale y consacrerait un ETP, voire deux. Mais celle-ci "n’a pas prévu de ligne budgétaire pour financer les locaux ni les moyens associés à l’exercice des missions des PAS. Or un enjeu majeur porte sur la capacité des équipes du PAS à se déplacer dans les établissements de son territoire."
Et surtout, la mission semble regretter que, dans ce contexte, l'administration s'intéresse moins à deux dispositifs, les ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) et, moins connus, les DAR (dispositifs d’autorégulation) qui visent "à scolariser un petit groupe d’élèves (généralement 8 à 10) présentant des troubles du comportement relevant de TSA, sans déficience intellectuelle", pour lesquels on arrive à un coût total de 18 000 € par an et par enfant", contribution de l'ARS comprise.

