Le "Collège lycée élitaire pour tous", destiné à "raccrocher les décrocheurs" disparaît à la rentrée
Paru dans Scolaire le mercredi 06 mai 2026.
A leur retour des vacances de printemps, les élèves du CLEPT, le "Collège lycée élitaire pour tous" de Grenoble ont appris qu'ils avaient quelques jours pour décider de poursuivre ou non leur scolarité dans le cadre du lycée Mounier et selon les mêmes modalités que pour les autres lycéens. Is apprenaient ainsi la disparition de cette structure créée en 2000 avec les "micro lycées" pour accueilir "des jeunes entre 15 et 24 ans, déscolarisés depuis plus de 6 mois et qui ont envie de raccrocher". Cet établissement public "alternatif" a permis "à des centaines de décrocheurs de reprendre une scolarité", selon les termes du communiqué du "collectif de défense" qui s'organise actuellement.
Toujours selon le collectif, le Recteur a "dénoncé comme illégal son fonctionnement dérogatoire", bien que celui-ci, comme d'autres structures dérogatoires, ait vu le jour avec le soutien des autorités, et qu'il ait depuis fonctionné sans que sa légitimité soit mise en cause. Marie-Cécile Bloch, co-fondatrice, a d'ailleurs été décorée de la légion d'honneur, décoration qu'elle pense renvoyer au ministère, indique-t-elle à ToutEduc.
Contrairement à ce qu'aurait dit le recteur pour justifier sa décision, le CLEPT été inspecté et évalué à plusieurs reprises : "diverses instances nationales ou académiques ont évalué positivement (son) fonctionnement ayant permis de réussir la reprise d'une scolarité exigeante." Le collectif indique que "le réquisitoire mené publiquement (par le recteur) n'a laissé aucun espace de parole aux enseignants concernés, bafouant tout droit de contestation (...). La maltraitance institutionnelle est ici manifeste." Il pose de plus la question : "Qu'en est-il des suites des scandales récemment mis au jour dans des établissements privés sous contrat avec l'Etat, Stanislas, Bétharram ? Massacrer un établissement public qui tire d'affaire des élèves 'perdus pour l'école' serait acceptable tandis qu'on se contente ailleurs, pour des choses graves et clairement hors de la loi, d'intervenir de manière homéopathique."
Le CLEPT, qui perdrait une bonne partie de ses moyens d'enseignement deviendrait une "structure de retour à l'école". ToutEduc n'a pas pu joindre le rectorat, mais ne manquera pas de donner la parole à son représentant s'il le souhaite.

