Ce que le PS envisage pour le système éducatif
Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Culture, Justice, Orientation le vendredi 24 avril 2026.
Le Parti socialiste a transmis à ses militants la "base" de son projet. De ce texte foisonnant de près de 150 pages, voici parmi les propositions intéressant l'éducation celles qui semblent les plus originales. À noter que la Protection judiciaire des mineurs n'est pas mentionnée, et que la Justice des mineurs est évoquée sur le plan de la protection, pas de la répression.
"Nous voulons une jeunesse libre, consciente et protégée, avec l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de toutes nos décisions publiques", indique-t-il. Il entend d'ailleurs "soutenir la garantie européenne pour l’enfance pour que tout enfant vivant en Europe et menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale ait accès aux droits fondamentaux (soins de santé, éducation, etc.)".
Il propose donc notamment d'investir dans la période des premières années de la vie, "de la naissance à l’entrée à l’école" et d' "assurer un véritable service public de la petite enfance". Il envisage de créer "un ministère de l’enfance de plein exercice". Il prévoit "un renforcement massif de la PMI et de la prévention spécialisée", mais aussi de "garantir un accès universel pour les familles à des services de garde de l’enfant de 3 mois jusqu’à 3 ans". Il faudrait d'ailleurs "démarchandiser les crèches" et y "introduire des objectifs de mixité sociale".
Plusieurs propositions concernent la protection de l'enfance : "Nous refusons de considérer les violences faites aux enfants comme une fatalité qui relève de l’intime et du familial : nous faisons de leur éradication complète un objectif central" et pour protéger les enfants, il envisage "des dispositifs de détection et d’accompagnement systématique à l’école, en santé et dans le sport."
Les liens entre école et protection de l'enfance doivent être renforcés et dans chaque académie, "un·e référent·e ASE" serait nommé·e "pour suivre les parcours scolaires, faciliter l’accès aux internats, au tutorat et à l’orientation" des jeunes de l'aide sociale à l'enfance. Ceux-ci bénéficieraient de "bilans de santé initiaux et réguliers, avec accès prioritaire à la pédopsychiatrie" ainsi que d'un "droit opposable à un accompagnement global jusqu’à 25 ans". Les liens "entre l’ASE et l’ensemble des acteurs locaux de la prévention et du soutien" seraient renforcés. Pour leur part, les MNA (mineurs non accompagnés) bénéficieraient d'une "présomption de minorité".
Le projet envisage également de "protéger l’enfance en ligne et face aux écrans" avec "un contrôle encadré des messageries en ligne", des réseaux sociaux et plateformes" et "une éducation au numérique responsable dès l’école primaire", mais aussi en "favorisant le rapport aux livres, aux histoires audios, à la musique, à l’art".
Le PS veut d'ailleurs "refaire de l’école le creuset de l’égalité républicaine", et il liste plusieurs axes de travail :
"Repenser le 'temps de l’enfant' dans sa globalité (...), réduire le temps scolaire quotidien sur la base de cinq journées par semaine" et réduire "la durée des congés d’été. Le temps libéré des enfants durant l’après-midi doit leur permettre de s’investir dans des temps périscolaires accessibles à toutes et à tous".
Il faut aussi "réformer la pédagogie", "développer les compétences socio-comportementales des enfants", encourager "le travail coopératif, la personnalisation de l’enseignement et en faisant évoluer l’évaluation", ce qui suppose de fixer "un objectif de 19 élèves maximum par classe" (sans précisions sur les niveaux d'enseignement concernés par cet objectif).
Il faut aussi "revaloriser la rémunération des enseignants pour rattraper la moyenne des pays de l’OCDE et proposer des compléments de rémunération ainsi qu’un accompagnement professionnel renforcé dans les établissements les plus défavorisés".
Et surtout, le PS voudrait voir s'instaurer un nouveau rapport à l'orientation. "Aucun enfant ne vive son orientation comme une condamnation à un parcours qui ne lui ressemble pas", il faut donc "garantir une orientation libre et éclairée des élèves en dehors des déterminismes sociaux, à travers un nouveau service public de l’accompagnement éducatif individuel ciblé sur les enfants d’ouvriers et d’employés, avec des parcours de découverte obligatoires des métiers scientifiques, techniques et numériques dès le collège". Le PS envisage d' "abroger Parcoursup pour recréer un processus transparent et démocratique d’accès à l’enseignement supérieur".
Mais c'est aussi un nouveau rapport au diplôme qu'il appelle de ses voeux : "étudier est un droit à garantir", mais ne doit pas "devenir une obligation", ce qui suppose de "reconnaître les expériences, le savoir-faire et les compétences réelles" pour "offrir la possibilité, pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas prolongé leurs études, d’évoluer et de progresser selon leurs capacités et leurs aspirations". Il faut aussi "instaurer un droit à la reprise d’étude pour pallier les sorties précoces et un véritable droit à la formation tout au long de la vie".
Il faudrait aussi "développer l’alternance à tous les niveaux de formation comme parcours de réussite et de promotion sociale".
Le PS envisage également de renforcer "les dispositifs d’insertion des jeunes, en relançant la Garantie Jeunes et en renforçant les dispositifs d’insertion (écoles de la 2e chance, EPIDE, missions locales)". Il propose par ailleurs de créer "une allocation d’autonomie dès 18 ans, pour tous les jeunes en études ou en transition vers l’emploi, conditionnée aux revenus parentaux" et d' "étudier" la création d’un capital de départ "pour corriger les inégalités de patrimoine".
Il propose également "de refonder la politique du handicap" : "L’école ne doit plus simplement être 'accueillante' mais véritablement 'adaptée'", ce qui suppose d'augmenter le nombre et la rémunération des AESH, mais aussi de créer "un parcours de diagnostic précoce compatible avec les troubles du neuro-développement (autisme, TDAH, troubles dys), intégré à l’école maternelle et élémentaire". Le PS envisage de "mettre en place un Service public territorial de l’École inclusive, pilote de la coordination entre Éducation nationale, médico-social, collectivités et familles".

