Cités éducatives : la Cour des comptes pointe la perte du lien avec l'Education prioritaire
Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Orientation le jeudi 26 mars 2026.
L’une des conséquences de l’apport de crédits spécifiques dans les QPV (Quartiers prioritaires de la politique de la ville) "est le risque de substitution ou d’éviction des crédits de droit commun" estime la Cour des comptes qui, dans son rapport annuel 2026 qui vient d'être publié, précise que "cette problématique a été à nouveau identifiée s’agissant de l’abattement de la TFPB (taxe foncière) comme des cités éducatives".
"Ces dernières, en venant pallier certains manques de l’éducation prioritaire et en portant les mêmes objectifs d’articulation des dispositifs éducatifs que les projets éducatifs de territoire (PEDT, qui rassemblent les communes, l’éducation nationale et les caisses d’allocations familiales), constituent en partie une forme de substitution, bien que les modalités de mise en œuvre soient différentes. Le détail des actions financées par certaines cités (aide aux devoirs, soutien à la parentalité, accès à la culture, etc.) illustre l’effet d’aubaine que représente la dotation des cités éducatives pour les financeurs traditionnels." La Cour cite à ce sujet les CAF, les collectivités territoriales et l’Education nationale, elle donne l'exemple à Pau d'une action destinée à faciliter le passage du primaire au collège, "financée par la cité éducative dans le QPV alors que la même action est financée par la commune dans trois écoles hors QPV".
La création des cités éducatives pose "avec acuité la question de l’articulation des actions menées dans les QPV" puisque le programme doit "conduire à une cohérence accrue d’une vingtaine de dispositifs", ce qui "témoigne de la complexité du paysage dans lequel se déploie la politique de la ville" et "la Cour souligne les difficultés liées à la persistance des silos ministériels et administratifs", "l’absence de coordination interministérielle", "le chevauchement des zonages". Elle rappelle qu'à l'origine "un lien fort existait entre les deux cartes", celle des cités éducatives et celle des REP+. Mais "toute référence à l’éducation prioritaire a disparu pour celles labellisées en 2025 (...). La cohérence de l’action de l’État et du déploiement de ses moyens achoppe ici face à la volonté politique de généraliser les cités éducatives" sans modifier "la carte de l’éducation prioritaire, qui date de 2015".
Le rapport de la Cour des comptes, à partir de la page 401 ici

