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Evolution des effectifs dans le privé : la FEP-CFDT nuance fortement l'analyse de Charousse et Grenet

Paru dans Scolaire le mercredi 04 mars 2026.

L'étude de Pauline Charousse et Julien Grenet sur la situation de l'enseignement privé "fait le buzz" et "agite la peur d'un grand basculement", mais elle est fondée sur une analyse très partielle, et partiale des données estime Valérie Ginet, secrétaire générale de la FEP-CFDT, qui réagit à cette publication de l'Institut des politiques publiques (ToutEduc, ici)

Valérie Ginet : L'étude de l'IPP "fait le buzz" dans de nombreux médias, et elle met le doigt sur une réalité, mais elle est rédigée de façon à laisser entendre que la situation est catastrophique, que l'on va vers un basculement généralisé. Cette crainte est fondée sur une série d'hypothèses, en prolongeant les courbes à partir des données de 2024 dans quelques académies. Mais au niveau national, on reste sur la règle des 80-20 et le privé perd des postes au même rythme que le public.

ToutEduc : C'est le cas pour la rentrée 2026 ?

Valérie Ginet : Le privé perd au total 868 postes. Cinq académies gagnent des postes (Aix-Marseille 1, Versailles 2, Nice 4,5, la Réunion 6, Créteil 10), toutes les autres en perdent. La répartition des postes entre les académies est le fruit d'une discussion entre le ministère et le SGEC (le secrétariat général de l'enseignement catholique, ndlr) qui joue un rôle de régulateur.

ToutEduc : C'est surtout la situation à Paris qui a alerté l'opinion publique et médiatique...

Valérie Ginet : En effet. A Paris, les choses ne se passent jamais comme ailleurs, y compris pour certains lycées publics dont les modalités de recrutement sont spécifiques. Mais l'enseignement privé catholique va perdre 80 postes dans la capitale à la prochaine rentrée. Cela nuance sérieusement l'analyse de Charousse et Grenet. J'ajoute que certaines familles scolarisent leurs enfants dans des écoles sous contrat en prévision du collège et du lycée. On aurait moins d'enfants dans le premier degré à Paris si les passages du public au privé étaient plus fluides.

ToutEduc : Est-ce que, comme les autres syndicats de l'enseignement, vous revendiquez un maintien du nombre global des postes malgré la baisse démographique ?

Valérie Ginet : Bien sûr. Nous avons un taux d'encadrement parmi les plus faibles des pays de l'OCDE et nos classes sont plus chargées que celles du public. J'ajoute que, dans ces conditions, l'inclusion devient un grand sujet. Par ailleurs, avec la CFDT, nous faisons de la mixité sociale un objectif majeur, ce qui ferait cesser les oppositions stériles entre public et privé, mais qui suppose aussi la présence de davantage d'adultes dans l'intérêt des élèves. Mais nous avons des efforts à faire, et c'est une question sur laquelle Guillaume Prévost (le secrétaire général, ndlr) est très ouvert. 

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