La France n'est pas le pays des droits de l'Enfant (Observatoire de l'UNICEF)
Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Culture, Justice le lundi 02 février 2026.
L'UNICEF publie le premier rapport de son "Observatoire des droits de l'enfant". En voici des extraits significatifs.
Enfance en danger : "Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles (soit un toutes les trois minutes) et plus de 50 000 enfants subissent des maltraitances physiques ou psychologiques. Tous les 5 jours, un enfant meurt sous les coups de ses parents ou d’un proche. Lorsque les décisions judiciaires ne sont pas appliquées, ces enfants restent exposés à des environnements dangereux (...). 77 % des juges des enfants déclarent avoir déjà renoncé à prononcer un placement faute de solution disponible (...). En mai 2024, le Syndicat de la magistrature a recensé au moins 3 335 placements non exécutés, tandis que certaines mesures éducatives en milieu ouvert peuvent attendre plus d’un an avant d’être mises en œuvre."
Rétention. Alors que dans l'Hexagone, "en 2024, seuls 6 enfants ont été placés en rétention dans l’Hexagone, à la suite de l’interdiction législative entrée en vigueur le 25 janvier 2024", 1 860 enfants ont été enfermés à Mayotte, où l’interdiction doit entrer en vigueur en 2027".
Ecrans. "27 % des enfants de 2 ans utilisent un écran numérique", près d'une heure par jour.
Santé. En 2022, selon l’enquête Enabee, "13 % des enfants en élémentaire présentent un trouble probable de santé mentale (émotionnel, oppositionnel ou déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, etc.)", la moitié
seulement des élèves du secondaire interrogés présentent un bon niveau de bien-être mental. "Plus de 400 adolescents décèdent par suicide chaque année."
Être entendu. "La majorité des enfants estime que leurs avis et idées ne sont pas pris en compte par les adultes dans la famille, l’école, la ville ou au niveau politique (...). Plusieurs initiatives institutionnelles récentes encouragent la participation des enfants et des adolescents (...). Cependant, ces dispositifs restent insuffisants pour garantir une véritable prise en compte de la parole des enfants dans l’élaboration des politiques publiques."
Privations. "21,9 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, soit près de trois millions de mineurs (...). La pauvreté infantile a progressé de 2,6 points en dix ans, atteignant son niveau le plus élevé depuis 1996."
SDF. "En 2025, on estime à au moins 32 000 le nombre d’enfants sans abri ou vivant à l’hôtel. À la fin de l’été 2025, 2 159 enfants sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115 (...). Ces données demeurent très largement sous-estimées, car elles n’intègrent ni les familles qui ne parviennent pas à joindre le 115, ni celles qui ne l’appellent plus, ni celles vivant dans des squats et des bidonvilles, ni ne mesurent pleinement la situation des mineurs non accompagnés, dont plus de 1 087 vivaient à la rue en juin 2025 (...). En 2024, 38 enfants sans domicile sont décédés, parfois quelques jours seulement après leur naissance."
Crèches et autres accueils. "Les familles les plus modestes recourent trois fois moins souvent que les autres à un mode d’accueil formel" (23 % contre 74 %). "En France, un couple aux revenus moyens dépense 17 % de son salaire pour la garde de deux enfants – contre 14 % en moyenne dans les pays de l’OCDE et de l’UE."
Ecole. En France, "des milliers d’enfants demeurent sans scolarisation. Certains enfants sont 'invisibles' et n’apparaissent pas dans les statistiques, alors qu’ils ne sont pas scolarisés. Cette situation est encore plus flagrante dans certains territoires ultramarins (...). À ce jour, le gouvernement ne dispose pas de données consolidées sur le nombre d’enfants non scolarisés en France."
Mortalité. Le taux de mortalité infantile "s’élève à 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes (...). Après une baisse continue pendant plusieurs décennies, le taux stagne, voire augmente légèrement, passant de 3,5 ‰ en 2011 à 4,1 ‰ en 2024."
Environnement. "L'exposition aux particules fines (PM₂,₅) autour du lieu de naissance, par exemple, est plus importante pour les enfants issus de familles modestes, et chaque augmentation de 2 μg/m³ de PM₂,₅ est associée à une hausse de 14 % du risque de leucémie aiguë lymphoblastique. De même, 2,2 % des enfants présentent des niveaux de plomb dans le sang supérieur à 5 μg/dl, et près de 6 % d’entre eux vivent dans des zones à haut risque de pollution par les pesticides."
Le rapport ici

