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Education prioritaire : Que fait-elle ? Où va-t-elle ? Le ministère publie un bilan, l'OZP affirme sa singularité.

Paru dans Scolaire le jeudi 25 septembre 2025.

"A la rentrée 2024, 22 % des collégiens du secteur public sont scolarisés en éducation prioritaire, dont 7 % en REP+ et 14 % en REP" alors qu'ils n'étaient que 10 % en 1982, à la création des ZEP, calcule la DEPP. Le service statistique de l'Education nationale actualise la synthèse qu'elle avait présentée en 2022 des études produites sur "l’impact de l’éducation prioritaire sur le parcours scolaire des élèves".

On y lit notamment que, à la rentrée 2024, "83 % des collèges en REP+ scolarisent plus de 60 % d'élèves de milieu social défavorisé", alors que ce n'est le cas que de 32 % des collèges "REP", de 2 % des collèges hors EP et d'aucun collège privé. Les collèges REP+ concentrent d'autant plus souvent la difficulté scolaire que, à la rentrée 2018, "la part d’élèves qui choisissent un autre collège public que celui du voisinage est de 22 % pour les élèves dont l’établissement environnant relève d’un REP+, une proportion deux fois plus élevée que dans les zones situées hors éducation prioritaire (11 %)". Cette donnée n'a pas été actualisée.

Une large part du document est consacrée au niveau des élèves dans diverses disciplines. L'anglais est la seule pour laquelle "les performances des élèves augmentent significativement en EP" et "l’écart de niveau entre les élèves des écoles les plus favorisées socialement et ceux des écoles les moins favorisées se réduit". Il augmente en revanche en histoire - géographie - enseignement moral et civique", le niveau baisse d'un point hors EP, de 7 points dans le privé et de 12 points en éducation prioritaire.

La question est encore plus sensible en français et mathématiques. "En début de sixième, les élèves accueillis dans les collèges en éducation prioritaire ont des difficultés particulièrement marquées. En effet, la proportion d’élèves dans les groupes les plus faibles (...) est supérieure de 16 points en français et de 18 points en mathématiques, chez les collégiens scolarisés dans des établissements en REP", par rapport à ceux qui sont scolarisés hors éducation prioritaire. Les écarts sont encore plus importants "entre les résultats des élèves en REP+ et ceux dans le public hors EP montre des écarts encore plus importants".

Le dédoublement en grande section, CP et CE1 "semble avoir eu un effet sur la progression des élèves", un effet "un peu faible en français", mais en mathématiques, "cet effet paraît plus fort pour les élèves les plus en difficultés : leur part passe de 21 % au début du CP à 16 % en fin de CE1". Mais l’impact de la réduction de la taille des classes en REP+ "est surtout visible en CP. En CE1, il ne semble pas y avoir d’effet supplémentaire (...) tant en français qu’en mathématiques." A noter que l'étude de la comparaison entre classes dédoublées et non dédoublées est signée par quatre chercheurs dont deux au moins, Marc Gurgand et Pascal Bressoux, avaient incité E. Macron et J-M Blanquer à prendre cette mesure (selon des informations recueillies par ToutEduc).

La publication apporte d'autres informations sur les écoles et collèges en éducation prioritaire.

Les enseignants y sont un peu plus jeunes, leur âge médian est de 41 ans contre 45 ou 46 hors EP.

Les 25 % des établissements avec un IPS le plus faible "enregistrent 11 % d’heures d’enseignement non assurées contre 9 % dans les autres établissements".

25 % des collèges en REP+, 14 % des collèges en REP, 4 % des collèges hors EP et moins de 1 % des collèges privés ont à la fois une Segpa, une ULIS et une UPE2A. Ils ont aussi plus souvent des classes à horaires aménagés, des sections sportives ou des sections linguistiques, mais le latin et le grec y sont moins enseignés.

L'absentéisme y est plus fréquent, 13 % en REP+ contre 4 % hors EP.

Les poursuites d'études en seconde générale et technologique y sont moins fréquentes, 52 % des élèves issus d'un collège en REP+ contre 64 % hors EP, ils vont également moins souvent en apprentissage (2 % contre 4 % hors EP) et plus souvent en LP...

La publication ici

Hier 24 septembre, l'OZP, l'Observatoire de l'éducation prioritaire, se réunissait pour se demander où va l'éducation prioritaire. L'accent a été mis sur sa singularité. Elle a été créée pour "contrer les effets d'une absence de mixité sociale", "là où les services publics ne peuvent plus remplir leur mission". Elle ne doit surtout pas être diluée dans d'autres politiques, par exemple de lutte contre l'isolement géographique dans les territoires ruraux, et il est "absurde de vouloir l'utiliser pour tout et n'importe quoi". Elle est porteuse d'une vision pédagogique qui s'oppose à l'individualisation, il s'agit d'y "enseigner pour tous" tout en sachant "prendre en compte la diversité des élèves". Elle doit surtout être prioritaire, constituer une priorité des politiques publiques.

Sur le site de l'OZP (ici), l'enregistrement de la rencontre ici

 

 

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