Les écrans et les "3 ans", des compétences scolaires très différentes selon qu'ils jouent avec les jours avec école ou sans école (DEPP)
Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Culture le lundi 23 juin 2025.
"En 2022, 75 % des élèves de petite section de maternelle regardent ou jouent sur les écrans", 15 % des élèves possèdent leur propre tablette, 30 % ont accès à un écran réservé aux enfants de la famille et 23 % sont abonnés à une chaîne pour enfants", 5 % cumulent les trois, constate la DEPP. Le service statistique de l'Education nationale ajoute que c'est "le diplôme de la mère qui est la dimension la plus liée à l’accès des enfants aux écrans : avoir une mère diplômée d’un bac + 4 ou plus est associé à une baisse de 11 points de la probabilité de posséder une tablette et de 10 points de la probabilité de regarder régulièrement les écrans les jours d’école."
"Les pratiques sont également liées à l’origine migratoire des enfants. Ceux ayant des parents immigrés sont relativement plus nombreux à posséder une tablette que ceux dont les parents ne sont pas immigrés (...). Ils sont plus nombreux à regarder un écran de temps en temps les jours d’école (...) mais moins nombreux à le faire régulièrement."
Les écrans ont-ils un effet négatif sur les apprentissages ? La DEPP se défend d'établir des liens de causalité alors qu'entrent en jeu quantité de variables socio-économiques et démographiques, "l’analyse reste corrélationnelle", elle amène toutefois à distinguer nettement deux situations, jouer ou regarder les écrans les jours d'école ou les jours sans école.
Deux protocoles d’évaluation des compétences des enfants ont été mis en place. Des grilles d’observation ont été renseignées par les enseignants pour trois domaines, le langage, les mathématiques, les compétences transversales. D’autre part une évaluation auprès d’un échantillon d’élèves a été administrée par le personnel de l’Éducation nationale extérieur à l’école, elle portait "sur la compréhension du langage" et sur "la capacité de concentration et la mémoire".
"Jouer régulièrement sur les écrans les jours d’école" est corrélé à de effets négatifs, 12 points d’écart-type en "compétences transversales", 14 points en mathématiques, 22 points pour le langage. Les effets sont moins importants lorsque l'enfant se contente de "regarder", mais ils n'en sont pas moins "significatifs". Toutefois, si cet usage des écrans est encadré, "par exemple avec des moments définis dans la journée et des contenus contrôlés, et complété par d’autres activités comme des jeux de société, des temps de lecture, une inscription à la bibliothèque ou des activités manuelles ou culturelles, les liens négatifs avec les performances scolaires sont considérablement réduits".
En revanche, "s’adonner à des activités numériques les jours où les élèves de petite section n’ont pas école est positivement associé à leurs performances en compétences transversales, en mathématiques et en langage (...). Les élèves qui jouent régulièrement sur écran hors jours d’école obtiennent des scores en compétences transversales plus élevés de 14 points d’écart-type que ceux qui ne jouent jamais ou presque jamais. Ils obtiennent des scores en mathématiques plus élevés de 13 points et des scores en langage plus élevés de 10 points. Regarder régulièrement les écrans en dehors des jours d’école est associé à un score moyen plus élevé de 7 points d’écart-type en compétences transversales et de 6 points en langage et en mathématiques (...). L’usage des écrans, contrôlé et encadré, serait associé à des capacités perceptives, attentionnelles et cognitives plus développées, ainsi qu’à des meilleures compétences académiques chez les enfants d’âge scolaire."
La note "Usage des écrans par les enfants de 3 à 4 ans : pratiques et liens avec les apprentissages" est téléchargeable ici

