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Baisse du niveau des élèves : le Haut commissariat au plan soutient la réforme de la formation des enseignants

Paru dans Scolaire le lundi 23 juin 2025.

"De nombreuses enquêtes (...) montrent que, en comparaison internationale, les élèves français ont un niveau moyen, voire faible, notamment en mathématiques et en sciences" constate le Haut commissariat à la stratégie et au plan dans une "note d'analyse". Après en avoir fait la synthèse, ses auteurs proposent, sans se prononcer sur leur validité, "un certain nombre d’hypothèses de travail pour expliquer la situation française". En voici la liste :

"Une première hypothèse, qui concerne les enfants de l’ensemble des pays développés, porte sur l’effet potentiellement nocif d’une exposition aux écrans à la fois précoce et non supervisée."

"Les élèves français d’aujourd’hui pourraient être caractérisés par un moindre respect de l’autorité des enseignants"

"Les difficultés de recrutement (...) pourraient conduire à ce que les meilleurs candidats potentiels ne s’engagent plus dans le métier et se tournent vers d’autres carrières." Ce serait surtout vrai des étudiants des filières scientifiques.

"Les enseignants français pourraient souffrir globalement d’une formation initiale insuffisamment pratique et d’un volume de formation continue trop faible."

"Leurs pratiques pédagogiques pourraient ne pas être les plus efficaces (pédagogies constructivistes versus enseignement explicite, méthode globale versus décodage syllabique, etc.)."

"Le travail collaboratif avec les autres enseignants serait trop peu développé."

"Les enseignants français auraient également des difficultés plus aiguës que leurs homologues de pays comparables à adopter des pratiques permettant une individualisation des apprentissages."

"Les programmes français pourraient ne pas être adaptés, et souffrir d’une trop grande instabilité et d’attendus peu clairs."

"Le niveau d’exigence des programmes pourrait également avoir diminué à niveau scolaire donné, les apprentissages fondamentaux (lire, écrire, compter) étant abordés trop tardivement ou bénéficiant de volumes insuffisants sur la durée des parcours."

L’organisation du système scolaire est également en cause. "Des semaines trop courtes, et a contrario des vacances et surtout des journées trop longues pourraient nuire aux apprentissages."

"Le taux d’encadrement serait insuffisant, la taille des classes, trop importante"

"La ségrégation des publics scolaires se serait développée en dépit de la carte scolaire, avec des effets délétères : climat scolaire dégradé, moindre émulation, plus faible motivation, plus bas niveau d’ambition au moment de l’orientation."

"Trop faible autonomie des établissements, manque de souplesse et trop faible culture de l’évaluation."

Chacune de ces hypothèses devrait "faire l’objet d’une évaluation rigoureuse. Mais d’ores et déjà, on notera qu’il est très peu probable qu’une hypothèse soit en mesure d’expliquer l’ensemble des constats (...). Par exemple, l’invasion des écrans et leur impact sur l’attention des élèves peuvent expliquer une baisse générale du niveau des élèves, mais plus difficilement le fait que certaines disciplines seraient plus affectées que d’autres (...), le profil plus littéraire des enseignants du primaire (...) aurait du mal à expliquer que la baisse de niveau constatée au collège dans les enquêtes TIMSS concerne les mathématiques, mais non les sciences."

Et surtout, ces hypothèses correspondent-elles à "une réalité précise" ? Comment apprécier "les pratiques pédagogiques mises en œuvre par les enseignants" ? Les enquêtes internationales montrent que "les enseignants français du primaire et du collège ont moins confiance en leur efficacité professionnelle que leurs homologues européens" et ils se disent "globalement mal préparés à leur métier". Or, "dans tous les pays européens visités par la mission, le parcours de formation initiale des professeurs des écoles commence immédiatement après les études secondaires et est structuré sur quatre ou cinq années (...). Le processus français de formation et de recrutement des professeurs des écoles est en fort décalage avec les pratiques de nombreux pays, conduisant probablement à une insuffisance de la formation initiale, s’agissant des aspects les plus pratiques et concrets du métier."

Le Haut commissariat approuve donc la création en 2021 du PPPE (parcours préparatoire au professorat des écoles) et la réforme actuellement engagée "devrait rendre la formation des professeurs des écoles davantage orientée vers l’acquisition des savoir-faire pratiques et plus en phase avec ce que l’on observe chez nos voisins". Il approuve également le "plan mathématiques" de formation continue des professeurs des écoles lancé  en 2018 "à la suite du rapport de la mission Villani-Torossian" et qui "place au centre de la formation les échanges et les visites croisées entre pairs". S'agissant du "plan français", il a été lancé en 2020. La phrase conclusive de la note, "Il doit aussi reposer pour une part significative sur l’accompagnement en classe ou des visites croisées" semble douter que ce soit le cas. 

La note ici

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