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Violences faites aux élèves : le mea culpa de l'enseignement catholique qui maintient pourtant ses fondamentaux

Paru dans Scolaire le jeudi 19 juin 2025.

"Les conditions d'un accueil de la parole des victimes ne sont probablement pas encore réunies", reconnaît Philippe Delorme. Le secrétaire général de l'enseignement catholique et présentait, ce 19 juin, les "engagements actifs" que prend le SGEC contre "les violences en milieu éducatif". Il rappelle que, depuis les affaires de Villefontaine et d'Orgères, et la loi de 2016 qui impose un contrôle des casiers judiciaires des fonctionnaires et des agents publics (ici). Il faut "aller plus loin".

Depuis 2023, un accord avec le ministère permet aux établissements, avant une embauche, de demander au rectorat (seuls les services de l'Etat sont habilités à consulter le B2) de vérifier si la personne n'a pas fait l'objet de condamnations qui s'opposent à son recrutement. Les rectorats auraient été d'abord réticents et joueraient à présent le jeu. Reste à passer "au crible" les personnels non enseignants en poste et non "criblés" depuis l'adoption de la loi "portant adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne". Le ministère a donné son accord la semaine dernière, reste à le mettre en oeuvre, ce qui prendra du temps (des dizaines de milliers de personnes sont concernées) et qui peut poser des problèmes juridiques. Les prud'hommes considéreront-ils que c'est un motif suffisant pour justifier un licenciement ? Une disposition législative permettrait d'étendre aux personnels de droit privé et aux bénévoles la présentation d'une "attestation d'honorabilité".

L'enseignement catholique, déjà doté d'un "3PF", un programme de protection et de prévention", lance une "mission d'expertise sur les conditions d'accueil de la parole", composées de six personnalités (seules quatre sont désignées à ce jour, Alain Esquerre, victime de Bétharram, Hélène Laubignat, présidente des APEL, Yann Raison du Cleuziou, sociologue, Ségolène Moog, ancienne déléguée à la protection des mineurs de la conférence des évêques de France). Il lance également "un processus de certification" des 596 internats et il s'engage à "renforcer la formation" des enseignants et des personnels d'encadrement (directeurs diocésains et chefs d'établissement) sur les sujets de prévention et de protection.De leur côté les APEL lancent une campagne d'information, "Parle, on te croit, parle, on te protège" et un module de formation supplémentaire obligatoire pour les représentants académiques et départementaux.

Hélène Laubignat évoque toutefois son souci de "ne pas enlever la confiance (des parents) envers les établissements", pour Philippe Delorme, c'est le chef d'établissement "qui porte la responsabilité" des élèves qui lui sont confiés et il lui appartient de "bâtir une alliance éducative" avec toutes les parties concernées. Interrogé sur le rôle de contre-pouvoir que peuvent jouer les syndicats, il préfère parler de "co-responsabilité", il est prêt à entendre tout ce que proposera la commission d'enquête sur la prévention des violences dans les établissements scolaires, mais il refuse d'entrer dans "un débat politique". Il récuse toute remise en cause du caractère propre d'établissements quand il est interrogé surpour qui ceux qui promeuvent des valeurs liées au respect de l'autorité et des hiérarchies, ce qui pourrait gêner l'expression des victimes. Contrairement à ce qu'il avait laissé entendre (ici) sur la possibilité que les inspections de l'Education nationale portent sur la vie scolaire, il en limite le champ au "climat scolaire", ce qui suppose d'ailleurs de "trouver les bons moyens de l'évaluer".

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