Orientation : vers une normalisation des relations entre l'Etat et les Régions ?
Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 11 juin 2025.
Les Régions et le ministère de l'Education nationale ont signé, le 5 juin, jour de l'annonce du "plan avenir" (voir TE ici) une "lettre d'intention" qui sonne comme un armistice après de nombreuses passes d'armes autour de la répartition des compétences entre l'ONISEP, donc l'Etat et les collectivités. Les signataires s'accordent pour évoquer "leur devoir collectif de garantir à chaque élève, où qu'il vive, la possibilité de se projeter librement dans son avenir" et donc la nécessité de "construire une politique commune de l'orientation" avec une "gouvernance partagée", en s'appuyant sur un "principe simple", "l'Etat forme, les Régions informent".
"L'Etat définit la politique nationale d'orientation, met à disposition les outils et les ressources nécessaires, forme les équipes éducatives, et affecte les élèves. Les Régions, de leur côté, pilotent le service public régional de l'orientation, organisent l'information sur les métiers, mobilisent les entreprises (...) et les partenaires locaux. Elles produisent des ressources adaptées aux réalités de chaque territoire." Un "Comité national de suivi" et des comités "ad hoc" dans les Régions réuniront les parties régulièrement.
Le lendemain, les Régions publiaient un communiqué dans lequel elles disent partager le constat de la ministre, l’orientation "est vécue comme très insatisfaisante par une large majorité des jeunes et des familles". Elles font valoir qu'elles "se sont saisies des espaces d’intervention qui leur sont reconnus pour ouvrir le monde de l’éducation sur la réalité et l’évolution des métiers" et qu'elles ont dépensé quelque 170 M€ à cette fin en 2024, alors qu'elles n'ont reçu que 8 M€.
La signature de la "lettre d'intention" n'empêche donc pas qu'elles continuent de demander notamment, outre la compensation des sommes engagées, "l’ouverture des collèges et lycées aux agences et services régionaux de l’orientation pour faire découvrir et sensibiliser les équipes éducatives au monde des métiers". Elles n'ont pas renoncé à demander "l’intégration des 95 ETP de l’ONISEP actuellement déployés dans les académies au sein de leur service d’orientation afin de contribuer au déploiement de leur action". Elles demandent aussi à avoir une compétence exclusive sur "les actions d'information sur les métiers et les formations". Mais elles ne demandent plus qu'il soit mis fin à la plateforme "Avenir(s)" développée par l'ONISEP et, ni dans la lettre d'intention, ni dans le communiqué des Régions, ne sont évoquées les plateformes régionales ou la possibilité pour les Régions d'apporter leurs contenus à la plateforme nationale. Le rôle de l'ONISEP comme producteur d'une recension des formations n'est pas non plus mentionné. Est-ce à dire que ces sujets ne font plus question ?

