Contre des mutations "dans l’intérêt du service", une mobilisation dans le 93 (intersyndicale)
Paru dans Scolaire le mercredi 21 mai 2025.
C’est pour s’opposer à la mutation de collègues que des personnels de l’Education nationale de Seine-Saint-Denis (93) organisent une journée de mobilisation et d’actions demain 22 mai à l’appel d’une intersyndicale (Snes-FSU 93, Sud-Education 93, CGT-Educ’action 93 et CNT 93). Deux professeurs du collège François Mitterrand (Noisy-le-Grand) et trois autres du collège Jean Lolive (Pantin), tous titulaires et syndiqués, ont appris, par un courrier recommandé, leur mutation "dans l’intérêt du service à effet immédiat". Dans un communiqué, la CGT dénonce une manière de faire "brutale et scandaleuse".
Dans le collège François Mitterrand, "depuis plusieurs années, il y a un management toxique et le personnel est en souffrance", explique à ToutEduc Lucas Marchand, délégué départemental 93 à la CGT. Une enquête administrative a finalement été menée, après de multiples alertes, et a abouti à la décision de muter deux des personnels. "C’est une analyse fallacieuse, dénonce Lucas Marchand. Dans les conclusions, il est dit que deux personnels sont à l'origine de la mauvaise ambiance, qu’ils sont organisateurs de la fronde. Pour l’administration, il y a une opposition par principe, ce qui est faux." Les syndicats n’ont eu accès qu’à un extrait de l’enquête que le rectorat a refusé de transmettre. Suite à cette annonce, une vingtaine de personnels du collège ont exercé leur droit de retrait, preuve, selon le syndicat, des risques qu’ils encourent en restant dans l’établissement.
S’agissant du collège Jean Lolive, aucune enquête n’a été menée. C’est "un conflit non géré entre collègues, malgré 11 relances d’une demande de médiation par les organisations syndicales auprès du rectorat, qui conduit à la mutation de collègues syndiqué.es", explique le communiqué syndical. Pour les syndicats, le rectorat, au lieu de considérer les dangers et les risques psycho-sociaux encourus par les personnels, qui peuvent les mener à commettre des actes graves envers eux-mêmes, prend des mesures brutales sans rien changer au "climat toxique".
De manière générale, les syndicats dénoncent une gestion RH du rectorat et du ministère de l’Education nationale "brutale et managériale" ainsi qu’une "répression syndicale". Pour Lucas Marchand, ce que vivent les personnels contractuels, qui connaissent depuis des années la situation d’être interchangeables, s’interdisant donc souvent de porter des revendications par peur d’un non-renouvellement de leur affectation, est en train de s’étendre aux personnels titulaires. .
"Deux rassemblements seront organisés à 10h devant les collèges Jean Lolive (Pantin) et François Mitterand (Noisy-le-Grand) puis à 14H devant la DSDEN à Bobigny pour exiger l’annulation des mutations forcées", précise le communiqué.
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