Le décrochage, un phénomène qui reste mal compris (Fondation des apprentis d'Auteuil)
Paru dans Scolaire le lundi 19 mai 2025.
"Plus de 75 000 jeunes 'décrochent' chaque année en France, quittant le système scolaire sans diplôme", constate la fondation des Apprentis d'Auteuil qui publie, avec "l’appui du cabinet Boston Consulting Group (BCG) et du Learning Planet Institute", et en partenariat avec "Vers le haut" un rapport qui dresse un état des lieux "et présente les moyens d’y remédier".
Le décrochage scolaire "a connu une décrue continue et significative depuis 2006", puisque, en 2006, 11,2 % d'une génération sortaient de formation initiale sans diplôme, qu'en 2014, ce pourcentage est passé sous la barre des 9,5 % et qu'il est actuellement de 7,6 %. Mais les conséquences du décrochage "sont plus graves aujourd’hui qu’hier pour les jeunes qui se trouvent exclus du marché du travail et isolés, mais aussi pour la collectivité : "le BCG a estimé que sur toute la durée de vie d’un décrocheur, un surcoût de 340 K€ par décrocheur est occasionné (contre 230 K en 2012)".
D'autre part, de tels chiffres "ne prennent pas en compte les élèves décrocheurs de moins de 16 ans" qui "restent comptés dans les effectifs scolarisés", ils "reflètent imparfaitement la réalité du décrochage, processus complexe et non linéaire", qui concerne tous les milieux sociaux "même si les élèves les moins favorisés socialement sont les plus à risque" et qui "peut survenir dès l’école primaire". Il est "de plus en plus précoce et touche de plus en plus les filles".
Le décrochage ne serait pas corrélé aux résultats scolaires, "70% des jeunes de 16 à 18 ans en rupture de parcours scolaire interrogés déclarent qu’ils avaient des résultats bons ou moyens à l’école". Il serait davantage lié à de "mauvaises relations au sein de la famille", avec d'autres élèves et des enseignants, au stress, à l’orientation subie, mais aussi à la précarité. Le rapport nous rappelle qu' "un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté". Le décrochage est également corrélé "à la dégradation de la santé mentale des jeunes".
Mais, affirme la fondation d'Auteuil, "le décrochage scolaire n’est pas une fatalité", puisque "de nombreux dispositifs font la preuve de leur pertinence". Et de lister l'accompagnement personnalisé, les pédagogies innovantes, le travail sur les compétences psycho-sociales, la remobilisation par l’orientation... Il faut donc "renforcer la formation des enseignants", "permettre l’innovation pédagogique", travailler avec les familles et "avec tous les partenaires à l’échelle d’un territoire", "permettre plus d’accompagnement pluridisciplinaire et sur-mesure pour les jeunes en difficulté".
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