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Assises de la santé scolaire : les PMI et l'assurance maladie pour "une prise en charge plus efficace"

Paru dans Petite enfance, Scolaire le mercredi 14 mai 2025.

Après deux mois de concertation et de travail, les Assises de la santé scolaire se sont tenues ce 14 mai à Paris. "Cet événement vise à rassembler la communauté éducative autour de la question de la santé et du bien-être des élèves, en la plaçant au cœur des priorités de la politique éducative", avait indiqué le ministère de l’Education nationale lors de l’annonce du lancement des Assises en mars dernier (voir TE ici)

"L’Ecole est un lieu propice pour s’assurer que tous nos élèves bénéficient d’une bonne santé physique et mentale, a dit en ouverture Caroline Pascal, directrice de la DGESCO. Or, la santé des jeunes connaît des bouleversements forts." En premier lieu, la dégradation de leur santé mentale dont de récentes études montrent l’ampleur : 13% des 6-11 ans présentent un trouble probable de santé mentale, et 14% des collégiens et 15% des lycéens présentent un risque important de dépression. S’y ajoutent d’autres problématiques sanitaires, tels que les troubles du neurodéveloppement, l’obésité, la sédentarité.

"Quand on parle de santé scolaire, on ne fait pas référence à une vision réductrice et biomédicale mais à une approche globale qui inclut la prévention, la détection et la prise en charge", a souligné la directrice de l’enseignement scolaire. Cette approche globale a été particulièrement mise en avant par Sylvain Gautier lors de sa conférence sur les problématiques de santé publique et les enjeux pour l’Ecole.

Le médecin, également secrétaire général de la Société française de santé publique, a rappelé l’importance de la place de l’école pour la santé des enfants qui y passent "40% de leur temps d’éveil" : "L’Organisation mondiale de la santé souligne que des programmes de santé à l’Ecole qui coordonnent l’action éducative et les services de santé et offrent un environnement scolaire favorable à la santé des élèves sont parmi les moyens les plus efficaces pour permettre à chaque nation sur la planète d’améliorer de façon significative le bien-être de sa population."

L’école est un lieu d’autant plus important qu’il serait un des moyens de répondre aux inégalités fortes de santé qui existent entre les différentes classes sociales. Dès le plus jeune âge, les habitudes de vie sont socialement marquées, a soulevé le médecin. Les enfants de cadres adoptent en moyenne de meilleurs comportements pour la santé que les enfants de classes sociales défavorisés (brossage de dents plusieurs fois par jour, petit-déjeuner tous les matins).

Sylvain Gautier a invité à ce que l’école privilégie une approche globale et intégrée en inscrivant ses projets d’établissements en lien avec le territoire, à ce qu’elle encourage le développement des compétences psycho-sociales "comme socle de toute prévention efficace et comme levier contre les vulnérabilités" et à ce que l’école promeuve une dynamique collective en engageant tous les acteurs éducatifs et qui fait de l’élève un "acteur de sa santé".

Les conclusions du rapport qui s’appuie sur le cycle de concertation, durant lequel chaque recteur a pu faire remonter des propositions, mais aussi sur des groupes de travail présents dans chaque académie et sur le questionnaire auquel ont répondu plus de 30 000 personnes, ont été rendues publiques.

Parmi les 12 mesures annoncées, voici les plus significatives : alléger la charge administrative des médecins scolaires qui "passent une grande partie de leur temps à rendre des avis sur dossier dans le cadre de leurs missions" ; assurer une analyse personnalisée de la situation de santé de 100% des élèves alors qu’aujourd’hui seuls 20% des élèves de 6e bénéficient d’une visite médicale ; rédiger une convention-cadre entre l’Education nationale, la Cnam (Caisse nationale d’assurance maladie) et les collectivités locales en charge des PMI pour construire une "alliance avec les partenaires de l'Ecole (afin de) garantir une prise en charge plus efficace" ("la PMI assurera le plus de visites possible, la Cnam agira en faveur de la détection des troubles visuels et des troubles du langage, les personnels de santé scolaire interviendront de manière complémentaire en cas de besoin").

Les neuf autres mesures concernent la prise en charge de la santé mentale. Dont la formation à la santé mentale des inspecteurs du premier degré et des personnels de direction ainsi que la formation de deux personnels repères en santé mentale dans chaque circonscription et dans tous les collèges et lycées d’ici la fin de l’année scolaire 2025-2026. Le développement de partenariatq est prévu avec les maisons d’adolescents, ainsi que l’organisation d’un coupe-file pour faciliter l’accès des élèves aux CMP (centres médico-psychologiques).

S’il est prévu que dans chaque département, le Dasen nomme un psychologue de l’éducation nationale conseiller technique en charge de la santé mentale, aucune création d’emploi n’est à l’agenda, qu’il s’agisse de médecin.s, d’infirmier.ères, de psychologues de l’Education nationale. Il n’est pas non plus question de leurs conditions de travail, alors que leur amélioration est une des revendications des organisations syndicales.

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