Un plan pour féminiser les matières scientifiques
Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 07 mai 2025.
Le "Plan Filles et Maths" a été présenté ce 7 mai par Elisabeth Borne. Son objectif : féminiser les parcours scolaires et les métiers scientifiques dont les filles sont aujourd’hui encore trop absentes. "C’est un problème pour les filles car elles accèdent à des emplois moins rémunérés et c’est un problème pour notre pays car il manque plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens chaque année", a déclaré au micro de Franceinter la ministre de l’Education nationale.
La persistance de stéréotypes de genre avait été mise en avant dans un rapport mené par l’IGF (Inspection générale des finances) et l’IGESR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) et remis à la ministre. Un plan d’actions est donc lancé pour "mobiliser la communauté éducative et les parents afin d’inciter les jeunes filles à se former aux sciences de l’ingénieur et du numérique", indique un communiqué du ministère.
La première mesure instaure une "sensibilisation aux biais de genre" pour tous les professeurs dès la rentrée 2025. Le rapport des inspections avait en effet pointé la présence de comportements différenciés par les professeurs en fonction du genre de l’élève, avec par exemple une propension à davantage interroger les garçons que les filles dans les disciplines scientifiques. Un plan de formation pluriannuel est aussi prévu à destination des professeurs des écoles et ceux de mathématiques en collège et lycée à "la prévention des biais de genre et des stéréotypes dans l’apprentissage des mathématiques".
Des objectifs en termes d’effectifs sont fixés : celui de 30 000 filles de plus d’ici 2030 qui choisissent l’enseignement de spécialité de mathématiques en classe de première et le conservent en terminale, soit 5 000 filles de plus par an à partir de la rentrée 2025. Des classes à horaires aménagés en 4e et en 3e de mathématiques et en sciences seront mises en place, sur le modèle de ce qui se fait déjà en musique ou en théâtre a précisé Elisabeth Borne sur Franceinter. Un quota est fixé puisqu’au moins la moitié de ces classes devront être constituées de filles. Les classes seront expérimentées dans cinq académies à compter de la rentrée 2025 et seront présentes dans chaque département à la rentrée 2026.
Par ailleurs, chaque classe préparatoire scientifique "devra compter au moins 30 % de filles dans son effectif, et pas moins de 20 % de filles dès la rentrée 2026". Actuellement les CPGE scientifiques comptent parfois moins de 10% de filles, ce qui dissuade ces dernières de s’y inscrire, d’autant plus que les professeurs ne sont que des hommes, pointe Elisabeth Borne lors de son interview.
Afin d’ "ouvrir les horizons des jeunes filles et susciter des vocations", des rencontres avec "des rôles modèles de la 3e à la terminale" seront mis en place. Un "réseau d’associations, d’étudiants ou de branches professionnelles" sera mobilisé par les chefs d’établissement pour faire intervenir des femmes qui présenteront leur parcours scientifique à des jeunes filles.
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