Transports scolaires : un plan pour lutter contre l’usage de stupéfiants chez les conducteurs
Paru dans Scolaire le lundi 05 mai 2025.
Un plan pour la sécurisation des transports scolaires a été présenté par les ministères des Transports et de l’Intérieur ce 30 avril. Appelé "Joana", du nom de la lycéenne tuée le 30 janvier 2025 en Eure-et-Loire dans un accident de car scolaire dont le chauffeur avait consommé des stupéfiants, le plan vise à "renforcer la sécurité des élèves qui se rendent quotidiennement dans leur établissement", a expliqué le ministère en charge des Transports dans un communiqué.
A la suite du drame, près de 30 000 contrôles avaient été effectués en février 2025, permettant de détecter 63 conducteurs alcoolisés et 119 conducteurs positifs aux stupéfiants. Pour les ministères, "ces nouveaux risques appellent une réponse forte et adaptée".
Le premier axe du plan vise donc à "améliorer la sensibilisation, la prévention et le dépistage pour lutter contre les stupéfiants". Dans ce but, un test aléatoire par an sera imposé aux conducteurs de transports publics et scolaires et les obligations en matière de formation seront renforcées, passant par exemple par la mise en place de plans de sensibilisation dans des entreprises en charge des transports scolaires.
"Comme pour l’alcool, la mise en place d’un stupotest antidémarrage permettra de s’assurer qu’aucun conducteur ne puisse conduire après une consommation de stupéfiants", a également indiqué le gouvernement.
En plus de la conduite sous l'emprise de stupéfiants, l’autre principal facteur de risque dans le transport scolaire est le non-port de la ceinture de sécurité. Ces 5 dernières années, dans un accident d'autocar, 19% des blessés de 7-13 ans et 30% des blessés de 14-17 ans ne portaient pas la ceinture, souligne le communiqué. C’est en raison de ce trop faible taux de port de la ceinture, qu’il est jugé "essentiel de sensibiliser massivement élèves et parents". Sera donc lancée une campagne nationale, "appuyée par une signalétique renforcée dans les véhicules". Par ailleurs, un numéro de téléphone sera visible dans les transports pour signaler un comportement ou une situation à risque dans les véhicules et au sein du cadre scolaire.
Le plan prévoit aussi de durcir les sanctions. Selon le ministère, étant donné que 20% des personnes tuées sur les routes françaises l’ont été dans un accident impliquant un conducteur sous l’effet de substances, il est urgent "de faire évoluer notre droit" avec notamment la création d’un homicide routier ou la hausse des quantums de peine.
A noter qu’en 2023, les accidents impliquant des autocars ont représenté 0,3% des accidents de la route et 0,7% de la mortalité routière. En France, 2 millions d’élèves prennent des transports scolaires et on compte plus de 30 000 conducteurs.
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