Les pratiques pédagogiques évoluent peu, mais les enseignants collaborent moins entre eux (DEPP)
Paru dans Scolaire le mercredi 30 avril 2025.
Les pratiques des enseignants de collège étaient, en 2022, très semblables à celles décrites lors de la première édition de l'enquête "EPODE", en 2018, sauf en ce qui concerne les pratiques collaboratives et l'utilisation du numérique pour l'auto-évaluation des élèves, selon la note d'information que vient de publier la DEPP (le service statistique de l'Education nationale).
C'est ainsi que "la proportion d’enseignants déclarant solliciter 'assez souvent' ou 'toujours' des collègues de toute discipline pour discuter des objectifs formulés dans les programmes a baissé de moitié, passant de 28 % en 2018 à 14 % en 2022. Au cours de la même période, la proportion d’enseignants jugeant cette pratique faisable est passée de 57 % à 49 % et celle la jugeant prioritaire de 50 % à 41 %. Ils sont également moins nombreux en 2022 à déclarer échanger fréquemment des ressources pédagogiques avec des collègues." Pour comprendre ce recul, la DEPP fait l'hypothèse de l' "l'épuisement professionnel" des enseignants au sortir de la crise sanitaire. "Le recul des pratiques collaboratives est, de surcroît, associé à celui des pratiques liées au développement professionnel et à l’interdisciplinarité, pratiques également exigeantes du point de vue de l’investissement personnel." Le service statistique n'envisage pas un moindre portage politique de l'interdisciplinarité.
En revanche, "la collaboration avec l’équipe à finalité éducative et l’explicitation de l’enseignement restent les dimensions présentant le score de fréquence le plus élevé, définissant ainsi le plus fortement la culture professionnelle des enseignants. À l’inverse, l’utilisation pédagogique du numérique, l’interdisciplinarité et la remédiation obtiennent, comme en 2018, des scores de fréquence parmi les plus faibles (...). L'intégration du numérique à la séance d’enseignement n’a pas connu une véritable évolution entre 2018 et 2022", sauf en ce qui concerne les pratiques d’autoévaluation : "l’utilisation du numérique pour permettre aux élèves de mesurer leurs acquis et lacunes avant d’entrer dans une situation d’apprentissage et l’utilisation du numérique pour permettre aux élèves de mesurer leurs progrès à l’issue d’une situation d’apprentissage (...) sont décrites comme 'plutôt faisables' ou 'tout à fait faisables' par respectivement 45 % et 50 % des enseignants en 2022, contre 35 % et37 % en 2018 (...). Ces deux pratiques sont davantage mises en œuvre par les enseignants en début de carrière, en classe de troisième et dans les établissements publics, en particulier ceux appartenant à l’éducation prioritaire."
La note "Enquête Epode sur les pratiques enseignantes : premiers résultats au collège de l’édition 2022" est téléchargeable ici

