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Violences scolaires : les questionnaires aux élèves

Paru dans Scolaire, Périscolaire le vendredi 25 avril 2025.

Renforcer le recueil de la parole des élèves qui pourraient être victimes de violences sur le temps scolaire. C’est l’objectif des trois questionnaires diffusés dans sept académies par le ministère de l’Education nationale à titre d’expérimentation avant une généralisation dans toute la France à la rentrée 2026. Cette mesure s’inscrit dans le plan "Brisons le silence, agissons ensemble" lancé en mars 2025 par Elisabeth Borne suite à l’affaire dite Bétharram.

Une possible évolution des questionnaires après consultation des acteurs

Deux questionnaires sont destinés aux élèves rentrant de voyages scolaires, dès lors qu’ils comptent une nuitée, du premier degré d’une part, et du second degré d’autre part. Le troisième s’adresse aux collégiens et lycéens en internat. Au total, 8 400 élèves rentrant de séjours scolaires et 4 000 internes rempliront ces questionnaires de manière anonyme jusqu’à fin juin. Les académies concernées sont Besançon, Lille, Martinique, Limoges, Versailles, Rennes et Aix-Marseille, et les écoles et établissements où seront diffusés les questionnaires durant cette première phase sont autant publics que privés sous contrat.

A partir des retours des acteurs de terrain mais aussi avec l’implication des organisations syndicales, d’associations de parents d’élèves et celles œuvrant dans le champ de la protection de l’enfance, les contenus pourront être modifiés sur le "fond et la forme" avant d’être diffusés à l’ensemble des élèves à la rentrée 2026, a précisé le ministère.

Pour toutes les tranches d’âge, il est précisé aux élèves de ne pas indiquer de noms d’adultes et il leur est rappelé les numéros 119 (enfance en danger) 3018 (harcèlement et violences numériques) et 3114 (numéro de prévention du suicide, en cas de mal-être). Aux enfants du premier degré de retour de voyage scolaire est par exemple demandé : "Les adultes qui t’accompagnaient se sont-ils bien occupés de toi ?", "As-tu eu peur pendant le voyage scolaire ?", ou encore "Est-ce que quelqu’un a voulu toucher des parties de ton corps sans que tu sois d'accord ?".

Une exploitation des données en temps réel

Dans le questionnaire adressé aux élèves du second degré rentrant de voyage, on trouve parmi les questions posées : "Les relations avec les adultes pendant le voyage scolaire ont été en général :" (les réponses allant de très bonnes à mauvaises), ou "Estimez-vous que votre intimité était suffisamment respectée ?" (les réponses allant de tout à fait à pas du tout). Enfin, pour les élèves internes est demandé : "Vous sentez-vous en sécurité dans les lieux de l’internat suivants ?" (pour différents lieux de l’internat ou à ses abords, les réponses vont de tout à fait à pas du tout) ou bien "Avez-vous été témoin de violences au sein de l’internat au cours de/avant ces trois derniers mois ?".

La grande majorité des questions sont fermées et très peu d’espace est laissé libre pour permettre aux élèves de détailler leurs réponses. Invitée au micro de Franceinfo le 22 avril, Martine Brousse, présidente de l’association "La Voix de l’enfant", a dit regretter l'utilisation de "questions fermées", contrairement à ce que préconisent les associations (voir TE ici).

Que se passe-t-il si des faits sont signalés ? C’est à l’établissement en premier lieu d’apporter une réponse suivant un protocole qu’il aura défini, indique le cabinet du ministère lors d’un point presse. Des professionnels sont compétents pour recueillir la parole (PsyEn, infirmiers et médecins scolaires, etc.), poursuit-il, et l’établissement pourra s’appuyer sur les équipes départementales et académiques, notamment dans le cas où il manque de moyens pour répondre au problème en interne. Les questionnaires étant numérisés, l’exploitation des données pourra se faire en temps réel. Le chef d’établissement et un "personnel référent identifié" au sein de l’académie ou du département auront accès à ces données de manière immédiate.

Des syndicats et des personnels de la communauté éducative ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’anonymisation qui peut constituer un frein à l’identification de la victime et donc à son accompagnement. "Si l’élève ne se manifeste pas par lui-même, dès qu’il y a une alerte, l’idée est d’écouter l’ensemble des élèves et donc de déceler les faits qui ont pu se produire", a répondu le ministère.

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