Éducation nouvelle : "Il n’y a pas de méthodes, il n’y a que des usages" (revue Dialogue)
Paru dans Scolaire, Périscolaire le jeudi 24 avril 2025.
Aux "bonnes méthodes" préconisées par les ministres successifs, "fonctionnantes (et) mises en œuvre par leurs fonctionnaires", ce numéro de la revue Dialogue, du groupe français d’éducation nouvelle (GFEN), propose d’opposer les "méthodes permettant de repenser l’éducation". Pour reprendre les termes d’Yves Clot, cité par Laurent Carceles dans son article : "Une méthode, comme toute pratique, n’est valable qu’en situation et en tenant compte de rapports. L’erreur conceptuelle de parler de LA bonne méthode ou de LA bonne pratique, c’est de se référer à une vision du métier comme simple réalisation d’une théorie validée, une application du prescrit."
Ces autres chemins méthodologiques sont possibles, et nombreux. Qu’il s’agisse de co-évaluation, qui conduit à l’auto-évaluation, ou de recréer un texte collectivement après l’avoir écouté trois fois, visant "la construction du sujet par l’appropriation de savoirs" plus que le résultat, ou encore de l’élaboration d’un code couleur pour "apprendre les gestes philosophiques" et permettre aux élèves d’ "avancer en confiance et en autonomie", les articles proposent des pistes d’expérimentation, mais aussi de réflexions. Celles-ci seront poursuivies dans le numéro de juillet, qui se concentrera sur l’émancipation et le possible engagement auxquels certains dispositifs peuvent conduire.
Imaginer de nouvelles méthodologies ouvre aussi la porte à de nouvelles postures, tant de la part de l’enseignant.e que de l’élève, et donc à de possibles acquisitions de savoirs et au développement d’une autonomie dans un contexte qui diffère de celui scolaire et plus classique. Comme en témoigne Elda Gahete, professeure de français, après avoir réalisé avec sa classe l’autobiographie coopérative basée sur un entretien entre deux personnes : "Il me semble toujours bénéfique d’ouvrir la classe à l’inhabituel, à quelqu’un d’autre, à une autre façon de faire, de travailler, de parler et de regarder les élèves. Et le fait que l’expérience ne soit pas purement littéraire, me semble aussi très enrichissant dans le rapport que ces étudiants et moi pouvons tisser : ils peuvent ainsi me voir dans un domaine que je ne maîtrise pas vraiment, dans un dispositif où je laisse quelqu’un d’autre faire des suggestions, dans un travail collaboratif, d’échange, de discussions, de mise au point et de réflexion en mouvement."
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