Violences scolaires : les projets de questionnaires critiqués par des association et syndicat (Franceinfo)
Paru dans Scolaire, Périscolaire le mercredi 23 avril 2025.
Les projets de questionnaires auxquels devront répondre les enfants internes ou qui ont participé à des voyages scolaires ont pu être consultés par Franceinfo en exclusivité ce 22 avril. Ces textes visent à faire remonter des faits de violence et s’inscrivent dans les mesures prises par Elisabeth Borne suite aux révélations de l’affaire Bétharram.
Franceinfo rappelle que les questionnaires devraient être généralisés dans le public et le privé sous contrat à partir de la rentrée de septembre prochain. Et dès cette fin d'année scolaire, "trois questionnaires différents, des documents de travail, vont être expérimentés dans quelques établissements". À l’issue de cette expérimentation, un premier bilan sera rendu fin juin. Ces questionnaires sont encore à l'état de projet et doivent être discutés avect les organisations syndicales qui se rencontreront fin avril pour les finaliser.
La Voix de l'enfant déplore les "questions fermées"
Le média révèle que le premier questionnaire s’adresse aux écoliers du premier degré revenant de voyage scolaire. Parmi les questions, on trouve : "Les adultes qui t'accompagnaient se sont-ils bien occupés de toi ?", ou "Est-ce que quelqu'un a voulu toucher des parties de ton corps sans que tu sois d'accord ?". Le deuxième est à destination des élèves du second degré revenant de voyage scolaire et comporte des questions telles que : "Estimez-vous que votre intimité était suffisamment respectée ?", ou "Avez-vous subi des violences au cours du séjour ?". Enfin, le troisième, pour les élèves internes du second degré, est composé de questions comme : "Avez-vous confiance dans les adultes de l'internat ?" ou "Avez-vous subi des violences au sein de l'internat ?". Les trois questionnaires se concluent par la phrase : "Il y a toujours quelqu'un pour vous écouter", avec le rappel des numéros d'urgence 119 (enfance en danger), 3018 (harcèlement et violences numériques) et 3114 (prévention suicide), rapporte Franceinfo.
Dans la foulée de ces révélations, Martine Brousse, présidente de "La Voix de l’enfant", interrogée par Franceinfo, "s’étonne" que les "associations de protection de l’enfant" n’aient "pas été consultées" pour l’élaboration des questionnaires et regrette l'emploi de "questions fermées", contrairement à ce que préconisent les associations.
Des questionnaires non adaptés à l'âge des enfants
"Ce qui est terrible pour 'La Voix de l'enfant', c'est qu'il y a quelque temps, Monsieur Attal, en tant que ministre, avait à juste titre fait un questionnaire sur le harcèlement. On n'a même pas évalué l'impact de ce questionnaire. Et de nouveau, on envoie un questionnaire", déplore Martine Brousse. La présidente de l’association interpelle Elisabeth Borne : "Rapprochez-vous de Madame Vautrin, notre ministre de la Santé qui pourrait faire un travail. Rapprochez-vous de nos associations pour qu'on travaille ensemble. Arrêtons d’être en silos."
De son côté, Guislaine David, porte-parole du syndicat SNUIPP-FSU, a estimé sur Franceinfo que les questions sont "beaucoup trop larges pour des enfants". De plus, "un enfant de six ans ne va pas répondre de la même façon qu'un enfant de dix ans, or le questionnaire s'adresse de la même façon aux élèves de CP qu'aux élèves de CM2. (…) La difficulté de ce questionnaire, c'est qu'il est anonyme, et qu'il ne permettra pas de savoir quels sont les enfants qui ont présenté des difficultés ou qui ont subi des choses pendant le voyage scolaire. (…) Le questionnaire en lui-même ne sera pas suffisant pour aider les enseignants à repérer les élèves qui sont victimes de violences sexuelles", a poursuivi Guislaine David.
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