Niveau en 6ème : très faibles variations depuis 2018
Paru dans Scolaire le jeudi 17 avril 2025.
Le niveau des élèves de 6ème serait "en légère hausse depuis 2017, y compris en REP+", estime la DEPP au vu des résultats des évaluations nationales. Les données de la note d'information du service statistique de l'Education nationale invitent pourtant à des conclusions différentes si on prend comme référence 2018, sachant que la première édition de ces évaluations, rapidement construites après l'arrivée rue de Grenelle de Jean-Michel Blanquer, n'était pas pleinement satisfaisante au plan méthodologique.
En français, la proportion d'élèves les moins performants est passée de 11,9 % en 2018 à 11,7 % en 2024. Le pourcentage des meilleurs est passé de 17,5 % à 17,9 %. Les évolutions sont davantage marquées en mathématiques, avec une agravation des résultats pour les plus faibles, de 13,4 % à 15 %, mais une amélioration pour les meilleurs, dont la proportion est passée de 14,3 % à 19 %. Les variations d'une année sur l'autre, dans un sens ou un autre, rendent la lecture de ces tableaux assez vaine.
En revanche la corrélation avec le profil social de l'établissement est avérée. En 2018, en français, 28 % des élèves en REP+ étaient parmi les plus faibles, près de 5 % parmi les meilleurs, en 2024, la part des plus faibles augmente de 2,5 points, la part des meilleurs de 0,6 point. Hors éducation prioritaire, les proportions n'ont pratiquement pas varié (près de 11 % parmi les plus faibles, 17,5 parmi les meilleurs).
En mathématiques, en 2018 et en REP+, 35 % des élèves sont en grande difficulté, 3 % sont très à l'aise, six années plus tard, la part des élèves les plus faibles augmente de 1,5 point, la part des meilleurs de 2 points. Hors éducation populaire, les écarts se sont davantage accrus que ce soit au sein de la classe ou selon le secteur de scolarisation, la part des plus faibles passe de 12 à 14,5 %, la part des meilleurs de 14 à 19 %.
Comme chaque année, en français, 31 % des garçons appartiennent aux groupes les moins performants, contre 23 % des filles. La part des filles les plus faibles a baissé d'un demi-point demi 2018 (de 9,5 à 9 %), la part des meilleures est restée stable à 20,5 %. En mathématiques, la situation est inversée : 35,5 % des filles appartiennent aux groupes les moins performants, contre 29 % des garçons. La part des meilleures a augmenté, passant de 11 à 15 % tandis que chez les garçons, elle a augmenté de 17,5 à 22,5 %, que la part des filles les plus faibles augmentait de 13 à 16 %, et que celle des garçons restait stable aux environs de 14 %.
En français, la part des élèves "à besoins" (les plus en difficulté) varie de 13 % (compréhension de l'écrit) à 21 % (orthographe) selon les items, en mathématiques, elle varie de 6 % (pour les automatismes) à 33 % (espace et géométrie).
A noter encore que 24 % des élèves les plus défavorisés socialement lisent moins de 90 mots/minute contre 7 % des élèves les plus favorisés. Au total, 60 % des élèves de 6ème lisent plus de 120 mots/minute, un score que ne réussissent que 26 % des élèves "en retard", 43 % des élèves de REP+ (71 % des élèves du privé).
La note d'information "Evaluation exhaustive de début de sixième 2024 : des performances en légère hausse depuis 2017, y compris en REP+" ici

