Les Régions continuent de contester à l'ONISEP son rôle éducatif
Paru dans Scolaire, Orientation le jeudi 10 avril 2025.
"Régions de France exprime sa stupéfaction suite aux propos inadmissibles et offensants pour les Régions tenus le 3 avril par la directrice générale de l’ONISEP devant la Commission d’enquête du Sénat sur les missions des agences de l’État".
Celle-ci a en effet déclaré que la collecte des données sur les formations réalisée par l'ONISEP permettait qu'elles soient "comparables d'un territoire à l'autre" et que "se priver de cette ingénierie, qu'il s'agisse de la confier au public ou au privé, porterait un risque de diminution du service public ainsi qu’une perte d’économie d’échelle". Les Régions considèrent que ces propos "inacceptables" reviennent à "assimiler les services des Conseils régionaux au secteur privé" alors que leurs agents "agissent avec les mêmes valeurs de service public que leurs collègues de l’État pour présenter de manière objective et neutre l’ensemble des métiers aux collégiens, lycéens, apprentis et étudiants, pour déjouer les biais et les déterminismes sociaux, territoriaux ou de genre".
Carole Delga et François Bonneau ont donc adressé, ce 10 avril, un courrier à la ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour que celle-ci "rappelle à l'ordre" Frédérique Alexandre-Bailly. "Sur le fond, Régions de France rejette les arguments utilisés par la directrice générale pour tenter de justifier le maintien dans ses services des 95 ETP des Directions territoriales Onisep". Les Régions estiment de plus que "la valeur ajoutée de la plateforme Avenir(s) reste à démontrer".
Pour Frédérique Alexandre-Bailly, il n'y a pourtant pas de doute, Avenir(s) ne donne pas d'informations, contrairement aux sites des Régions, il n'y a "absolument pas redondance", il s'agit d'un "dispositif pédagogique", car "s'orienter, cela s'apprend" et c'est "de la stricte compétence de l'Etat". S'agissant des 95 ETP qui sont dans les directions territoriales de l'ONISEP, ils sont sur des missions, notamment le recueil de données, qui ne sont pas celles des Régions, alors que celles-ci demandent "le transfert (de ces personnels) pour permettre aux Régions d’exercer la compétence pleine et entière sur l’orientation et l’information sur les métiers".
L'audition de la directrice générale de l'ONISEP avait été pour elle l'occasion d'annoncer un travail avec le réseau "Information jeunesse" qui a un champ transversal à toutes les préoccupations des jeunes, y compris le logement ou la santé, et avec lequel une convention pourrait, dans un avenir non précisé, être passée. Elle estime par ailleurs que les relations avec les Régions, après "un petit moment de fraîcheur", se sont détendues, et elle en donne pour preuve un travail en cours avec la Région Grand-Est. Les Régions réfutent cette "analyse surréaliste", les six réunions organisées au ministère depuis le 12 novembre n'ont pas permis, estiment-elles, de "régler le dossier des interactions entre la plateforme Avenir(s) de l’ONISEP et les plateformes développées par les Régions".
A noter encore qu'au cours de l'audience au Sénat, Frédérique Alexandre-Bailly a évoqué le travail en cours sur le futur COP (contrat d'objectifs et de performance) de l'ONISEP (2026 - 2027) et le rôle que pourrait jouer l'IA dans l'actualisation des données sur les formations, lesquelles évoluent très vite, rendant l'information rapidement obsolète.
Le site du Sénat ici

