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Des familles mises à l'abri dans des écoles faute de places dans des logements d'urgence (RFVE)

Paru dans Scolaire le mardi 01 avril 2025.

Avec la fin de la trêve hivernale, les "villes éducatrices" relancent leur alerte sur les situations dramatiques que vivent des familles et plus particulièrement les enfants pour qui "l’accès à un hébergement décent est un droit fondamental et un préalable absolu à une éducation de qualité".

Le RFVE estime que "la situation devient critique", le Réseau français des villes éducatrices rappelle que, d'’après l’UNICEF, il y avait plus de 2000 enfants à la rue en France en 2024" et que, "dans bien des villes, l’État ne remplit pas ses obligations en termes d’hébergement d’urgence (...), la solidarité des parents d'élèves et de la communauté éducative s'organise autour d'occupations spontanées de locaux scolaires pour mettre à l'abri ces familles extrêmement vulnérables". Ainsi à Rennes, où jusqu’à 55 personnes (sur plus de 200, dont 68 enfants, qui se retrouvent dans des campements ou dans des mises à l’abri précaires en 2025) sont hébergées dans une dizaine d’écoles. "Il s’agit d’espaces dans le périmètre de l’école ou périscolaires, mais jamais dans des salles de classe, précise l’adjointe à la maire de la ville, Gaëlle Rogier, interrogée par ToutEduc. Les familles rangent leurs affaires le matin et les retrouvent le soir, et peuvent rester le temps des vacances si les locaux ne sont pas utilisés pour des centres de loisir."

Mais ces situations "cristallisent de nombreuses tensions" tandis que "les familles hébergées dans des locaux scolaires en dernier recours se trouvent parfois sorties des effectifs prioritaires du 115 et donc hors du parcours d’aide dont elles devraient bénéficier", rapporte le Réseau des villes éducatrices. "Globalement, il y a beaucoup de bienveillance, les parents d’élèves sont solidaires et prennent en charge les mises à l’abri. Et la ville tolère cette situation, explique Gaëlle Rogier. On parle de ‘tensions’ parce les directions peuvent être inquiètes pour la sécurité de l’établissement étant donné que les familles ont les clés, ou parce que les cohabitations d’usage entre les différents personnels peuvent être complexes. C’est aussi dur pour les enfants d’être en permanence à l’école. Mais les petites tensions sont accompagnées et la plupart du temps, tout se passe très bien."

"Ces situations anormales mettent les élues et élus face à des dilemmes cornéliens, entre la sécurité des familles hébergées et le fonctionnement normal des écoles. Des villes particulièrement impactées par ce phénomène ont déjà interpellé fermement l’État sur ses responsabilités en matière d’hébergement d’urgence", indique le RFVE. Tel est le cas de la ville de Rennes, ou de Grenoble. "L’école devrait d’abord rester une école. Ce n’est pas le lieu adéquat pour une mise à l’abri, mais si cela se fait, cela se fait bien", affirme Gaëlle Rogier.

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